Chargement de la barre de recherche Google...

04/09/2013

Syrie et 3ème guerre mondiale

.
04/09/2013 - La Syrie ne pliera pas « même s’il y a une troisième guerre mondiale »

Le régime syrien ne cédera pas face aux menaces de frappe occidentale même en cas de troisième guerre mondiale, a affirmé à l’AFP mercredi le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Moqdad.

« Le gouvernement syrien ne changera pas de position même s’il y a une troisième guerre mondiale. Aucun Syrien ne peut sacrifier l’indépendance de son pays », a affirmé M. Moqdad. AFP



Voir Iran - Turquie - Russie - Usa - France - Chine - Corée

01 janvier 2012 - Selon une information transmise (datant d'octobre 2011) par une source anonyme du blog "Minuit Moins Une", il est très probable que la 3ème guerre mondiale débute par une attaque de la Turquie sur la Syrie (surveiller l'armée de l'air turque). De plus nous pouvons aussi déduire que le début de la période finale de l’effondrement économique, financier et des états pourrait avoir lieu dans ce même temps.


26/08/2013 - Une coalition internationale va attaquer la Syrie sans consensus à l'ONU?


La Turquie est prête à rejoindre une coalition internationale dirigée contre la Syrie en réaction à l'attaque chimique du 21 août, même en l'absence de consensus à l'ONU, a affirmé lundi son ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu.
Si une coalition est formée contre la Syrie lors de ce processus, la Turquie en fera partie, a déclaré M. Davutoglu dans un entretien accordé au quotidien Milliyet paru lundi.
Des experts de l'ONU doivent débuter lundi une enquête sur l'attaque présumée à l'arme chimique conduite le 21 août près de Damas, la capitale syrienne.

Après cette inspection, les Nations unies doivent prendre une décision sur des sanctions. Si une telle décision n'est pas prise, d'autres options sont sur la table, a fait valoir M. Davutoglu dans Milliyet.

Quelque 36 ou 37 pays discutent déjà de ces options, a insisté le chef de la diplomatie turque.

Médecins sans frontières a affirmé samedi que 355 patients présentant des symptômes neurotoxiques étaient décédés le 21 août après l'attaque dans trois hôpitaux de la région de Damas, sans pouvoir confirmer scientifiquement la cause de ces symptômes.

Se basant sur des rapports médicaux, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a lui comptabilisé plus de 300 morts par gaz toxique, dont des dizaines de rebelles. L'opposition affirme que 1.300 personnes sont mortes dans cette attaque chimique.

Le régime de Damas dément formellement avoir perpétré l'attaque avec des gaz toxiques.

Les pays occidentaux étudient une option militaire, contre laquelle les deux alliés de Damas, l'Iran et la Russie, les ont mis en garde.

Romandie







28/06/2013 - L'Iran va envoyer 4000 hommes en Syrie, la CIA remettra des armes aux rebelles prochainement

La CIA a lancé la livraison en Jordanie d'armes destinées aux insurgés syriens, rapporte jeudi The Wall Street Journal se référant à des sources officielles américaines.

Les armes en question doivent être remises d'ici un mois à des insurgés "modérés". Dans le même temps, les Etats-Unis tenteront d'obtenir que la rébellion syrienne soit également armée par des pays arabes et européens, écrit le journal.
D'après la source, la CIA aurait envoyé à l'opposition des armes légères et des moyens antichars.

"Confirment au plan d'actions élaboré, à compter du mois d'août, plusieurs centaines de combattants se rendront tous les mois en Syrie", souligne le journal.

Des officielles américains et saoudiens estiment qu'en cas de succès de ce scénario, il suffira de quatre à cinq mois pour former des combattants d'opposition capables de tenir la tête aux troupes du président Assad et de ses alliés du mouvement Hezbollah, précise la revue.

La Maison Blanche a refusé de commenter ces informations.

RIA

16 juin 2013

Les autorités iraniennes ont décidé d'envoyer en Syrie un contingent fort de 4.000 soldats en appui aux troupes du président Bachar el-Assad, rapporte dimanche The Independent se référant à ses propres sources. 

"Téhéran est complétement prêt à protéger le régime du président Bachar el-Assad et propose même d'ouvrir un front supplémentaire contre Israël sur le plateau du Golan", indique le journal se référant à des sources au sein des organes de sécurité de la République islamique. 

Probablement, il s'agira des Gardiens de la révolution, corps d'élite des troupes iraniennes, précise la source soulignant que la décision d'envoyer des renforts en Syrie a été prise bien avant la victoire de Hassan Rohani à la présidentielle iranienne. 

Aucune confirmation officielle de ces informations n'est disponible pour le moment.

Le 13 juin, les autorités américaines ont annoncé leur intention de fournir des armes aux insurgés syriens marquant un nouveau tournant dans la crise qui se poursuit en Syrie depuis mars 2011.


RIA


05/06/2013 - Laurent Fabius prêt a entrer en guerre contre la Syrie?

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a accusé mardi le régime de Bachar al-Assad d’avoir utilisé à au moins une reprise du gaz sarin en Syrie, soulignant qu’une ligne a été franchie et que toutes les options sont sur la table.

"Nous n’avons aucun doute sur le fait que les gaz ont été utilisés (...). La conclusion du laboratoire est claire : il y a du gaz sarin", a affirmé sur la chaîne de télévision France 2 le chef de la diplomatie française, qui a évoqué des échantillons provenant de journalistes du quotidien Le Monde, mais aussi d’une autre source qu’il n’a pas précisée.

"Dans le deuxième cas, il ne fait aucun doute que c’est le régime et ses complices puisqu’on a l’intégralité de la chaîne, depuis le moment où l’attaque a lieu, le moment où les gens sont tués, où on a les prélèvements et où on les fait analyser", a expliqué Laurent Fabius.

"Il y a une ligne qui est franchie incontestablement. Nous discutons avec nos partenaires de ce qu’il va falloir faire et toutes les options sont sur la table. Ou bien on décide de ne pas réagir ou bien on réagit, y compris d’une façon armée, là où est produit, où est stocké le gaz", a-t-il souligné.

"Nous n’en sommes pas là", a-t-il toutefois nuancé.

"Il faut à la fois réagir et en même temps ne pas bloquer la conférence éventuelle de la paix", une allusion à la conférence internationale Genève 2 dont Washington et Moscou ont pris l’initiative pour ouvrir des négociations entre les belligérants syriens.

Les Occidentaux, Barack Obama en tête, avaient fait de l’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar al-Assad une ligne rouge à ne pas franchir, mais se sont montrés plus prudents par la suite.

La Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie a dénoncé mardi l’usage de quantités limitées d’agents chimiques à au moins quatre occasions en Syrie, en mars et avril, dans son dernier rapport devant le Conseil des droits de l’Homme, sans pouvoir identifier précisément la nature de ces agents ni leurs utilisateurs.

Le sarin est un puissant gaz neurotoxique, inodore et invisible. Outre son inhalation, le simple contact avec la peau de ce gaz bloque la transmission de l’influx nerveux et entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire. La dose létale est d’un demi-milligramme pour un adulte.

Romandie 


22/05/2013 - Le risque d'une guerre Israël / Syrie de plus en plus probable?

Le risque d'une guerre surprise dans laquelle Israël se verrait entraîné est accru par l'instabilité au Moyen-Orient, a indiqué mercredi le commandant de l'armée de l'air israélienne.

«Quand vous regardez autour de vous aujourd'hui, je pense qu'une guerre surprise peut naître dans de très nombreuses configurations», a estimé le général Amir Eshel, cité par la télévision et la radio, lors d'une conférence près de Tel-Aviv.


«Je ne vois pas tellement une guerre surprise dans le court terme, mais elle peut naître d'incidents isolés qui pourraient dégénérer très rapidement et nous forcer à agir», a-t-il dit, sans plus de détails.

Il a affirmé que la chute du président syrien Bachar al-Assad et de son important stock de missiles aux mains des rebelles, pourrait précipiter le conflit.

«Si la Syrie s'effondrait demain (...) l'énorme arsenal qui s'y trouve (...) sera disséminé partout et il faudra agir à très grande échelle», a-t-il souligné.

Il a affirmé que la commande par la Syrie de systèmes de défense aérienne russes sophistiqués S-300 était le dernier en date d'une longue série d'achats de missiles par Damas, qui a «acheté ces dernières années les meilleurs systèmes que les Russes ont produits».

Plus tôt, un haut responsable du ministère israélien de la Défense avait pourtant assuré que la «stabilité» sur le plateau du Golan occupé et la «force de dissuasion de l'armée israélienne» dans le secteur étaient intactes malgré la multiplication récente de tirs syriens.

«La bonne nouvelle c'est que la stabilité continue sur le plateau du Golan, la force de dissuasion de l'armée israélienne n'a pas été entamée et la vie quotidienne se poursuit comme d'habitude», a estimé le général Amos Gilad, chargé des affaires politicomilitaires au ministère israélien de la Défense, dans une interview à la radio militaire.

Israël a mis en garde mardi la Syrie à la suite de nouveaux tirs contre l'armée israélienne sur le Golan occupé.

Pour la première fois, l'armée syrienne a revendiqué mardi certains de ces tirs, poussant le chef d'état-major israélien, le général Benny Gantz, à s'adresser directement au président Bachar al-Assad dans un message d'une fermeté inhabituelle pour le chef de l'armée israélienne, en général peu prolixe.

«Nous ne permettrons pas que les hauteurs du Golan deviennent la zone de confort d'Assad. S'il sème le trouble sur le Golan, il devra en subir les conséquences», a-t-il averti lors d'un discours à l'Université de Haïfa (nord d'Israël).

Le général Gilad s'est voulu confiant, soulignant qu'il ne fallait pas «perdre de vue le tableau général de la situation» et «céder à une panique injustifiée», en allusion à la possibilité évoquée par les commentateurs d'un conflit ouvert entre Israël et la Syrie, deux pays officiellement en guerre.

«Bien entendu, la stabilité (sur le Golan, NDLR) est précaire, car il faut vérifier tous les jours du point de vue des renseignements et du point de vue opérationnel que la situation n'a pas changé. Il faut être souple et conscient de la possibilité de changements», a-t-il cependant souligné.

Selon un décompte publié mardi dans le quotidien israélien Maariv, plus d'une dizaine d'incidents, la plupart des chutes d'obus, se sont produits depuis le début de l'année dans le Golan, avec une nette accélération en mai.

La semaine passée, des projectiles tirés de Syrie ont touché le mont Hermon, point culminant du Golan occupé, entraînant la fermeture de ce site touristique habituellement fréquenté.

Israël occupe depuis la guerre des Six Jours de juin 1967 quelque1200 km2 du plateau du Golan, qu'il a annexés, une décision que n'a jamais reconnue la communauté internationale.

AFP



07/05/2013 -  Frappe israélienne sur la Syrie: Damas ripostera en cas de récidive

Les troupes syriennes ont reçu l'ordre de frapper des cibles en Israël en réponse à toute nouvelle attaque lancée par Tsahal, ont annoncé lundi les médias syriens, citant des sources au sein du gouvernement.

Le gouvernement syrien s'est réuni d'urgence dimanche pour décider de la réaction à opposer à la frappe effectuée par l'aviation israélienne dans les environs de Damas.


Le communiqué adopté à l'issue de la réunion souligne que "l'agression israélienne a ouvert à la Syrie toutes les possibilités pour prendre des mesures de rétorsion".

Les sources gouvernementales ont fait savoir à la chaîne de télévision libanaise Al-Mayadine que les militaires syriens avaient reçu l'ordre de braquer leurs missiles en direction d'Israël.

Selon la chaîne, les Syriens sont également prêts à fournir au mouvement chiite Hezbollah des armes que ce dernier n'a jamais possédé jusqu'à présent.

Un porte-parole de la diplomatie syrienne a déclaré dimanche que Damas se réservait le droit de défendre son peuple et ses intérêts par tous les moyens possibles afin de dissuader l'Etat hébreu de récidiver.

RIA



16/04/2013 -  La ligne rouge du gaz chimique menant à l'attaque de la Syrie est-elle franchie?

Ca y est, des preuves existent. "Pour la première fois, des preuves médico-légales de l'utilisation d'armes chimiques en Syrie ont été trouvées dans un échantillon de sol sorti hors du pays lors d'une opération secrète britannique" a affirmé le quotidien "The Times" samedi 13 avril, citant des sources à la Défense.

Cela faisait des mois que les Occidentaux, Français et Britanniques en tête, avaient fait de l'utilisation des armes chimiques en Syrie une "ligne rouge" à ne pas franchir, menaçant d'une intervention internationale. Malgré de forts soupçons, ils étaient pourtant jusque-là bloqués par l'absence de preuve irréfragable, seule à même de permettre une action. Selon le "Times", aucun doute n'est permis : les tests sur les échantillons en question ont été conduits au département de recherche chimique et biologique du ministère de la Défense britannique à Porton Down.
"Il y a eu certaines informations selon lesquelles ce serait juste un puissant agent antiémeute mais ce n'est pas le cas - c'est autre chose, bien qu'il soit impossible de dire avec certitude qu'il s'agit de gaz sarin", a détaillé une source anonyme citée par le journal. Alors que le ministère de la Défense britannique n'a pas souhaité faire de commentaires, le ministère des Affaires étrangères s'est dit "profondément inquiet".

"Preuves solides"

Ces échantillons font-ils parti des "preuves solides" dont avaient fait état des diplomates occidentaux à l'Onu jeudi ? "Il y a plusieurs exemples dans lesquels nous sommes complètement sûrs que des obus chimiques ont été utilisés de façon sporadique", a indiqué un diplomate sous couvert d'anonymat, un autre affirmant que des preuves "très convaincantes" avaient été envoyées au secrétaire général Ban Ki-moon pour soutenir les accusations à l'encontre du régime de Bachar al-Assad.

Une mission d'experts, conduite par le Suédois Ake Sellstrom, a été constituée par l'ONU afin d'enquêter sur une éventuelle utilisation d'armes chimiques en Syrie, les deux parties s'accusant mutuellement. Damas avait d'ailleurs déposé le 20 mars une requête officielle pour demander une enquête de l'ONU après avoir dénoncé une attaque aux armes chimiques par les rebelles le 19 mars à Alep. Mais, finalement, les autorités syriennes ont refusé la semaine dernière l'accès à leur territoire aux membres de cette mission, Ban Ki-moon ayant souligné que "toutes les allégations" feraient l'objet d'enquêtes.

La ligne rouge franchie ?

Ces preuves seront-elles le déclencheur d'une intervention internationale en Syrie ? Jusque-là, les sources occidentales qui affirmaient que le régime avait très certainement d'ores et déjà usé d'armes chimiques en Syrie, soulignaient que l'absence de preuve intangible, répondant à des critères stricts en la matière, rendait impossible toute action. Ces preuves, si elles sont reconnues officiellement, pourraient régler ce problème.

Pour autant, la communauté internationale ne peut toujours pas lever le petit doigt pour empêcher qu'une autre attaque chimique n'ait lieu dans le pays. A qui, en effet, attribuer cette attaque ? Comment savoir, sur un prélèvement de terre, qui est à l'origine de la propagation de l'agent retrouvé dans les particules : régime ou insurgés ? Si les soupçons pèsent évidemment sur le régime de Bachar al-Assad – plus certainement en possession des agents chimiques repérés que les insurgés – aucune preuve ne peut le certifier. A Paris, on reste ferme sur la question : il convient de suivre les procédures précises qui "permettent de passer du seul stade de l'indice au stade de la preuve et de la preuve à l'imputabilité." La communauté internationale reste les pieds et mains liés.

Le monde



01/02/2013 -  L'Iran condamne "l'agression brutale" israélienne contre la Syrie

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, a condamné jeudi le bombardement par Israël d'un centre militaire en Syrie, qualifié d'"agression brutale", dans un communiqué repris par les médias iraniens.

"Il ne fait pas de doute que cette agression va dans le sens de la politique de l'Occident et des sionistes pour faire passer au second plan les succès du peuple et gouvernement syriens pour ramener la stabilité et la sécurité dans ce pays", a affirmé M. Salehi, condamnant "l'agression brutale du régime sioniste".


Cette action souligne "l'alignement des groupes terroristes avec les objectifs des sionistes", a-t-il ajouté. L'Iran comme les autorités de Damas qualifient de "terroristes" les groupes rebelles qui combattent le régime syrien.

Pour sa part, le vice-ministre des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, a prévenu, sans élaborer, que "l'attaque du régime sioniste contre la périphérie de Damas aura de graves conséquences pour Tel-Aviv", a rapporté l'agence Isna.

M. Abdollahian a mis en garde le gouvernement israélien en affirmant qu'il ne devait pas "être trompé par son système anti-missile Patriot (...) qui a montré son inefficacité durant la guerre de huit jours contre Gaza" début décembre durant laquelle le Hamas a lancé des roquettes d'origine iranienne contre Tel-Aviv et Jérusalem.

Damas a annoncé mercredi soir que l'aviation israélienne avait "directement bombardé" un centre de recherche militaire situé entre Damas et la frontière libanaise, pour la première fois en près de deux ans de conflit en Syrie.

Interrogée par l'AFP, une porte-parole de l'armée israélienne s'est refusée à tout commentaire.

L'Iran est le principal allié de la Syrie, aux côtés de la Russie et de la Chine, et accuse les pays occidentaux et certains pays arabes d'armer la rébellion contre le régime du président Bachar al-Assad. 

AFP


21/01/2013 -  Turquie: arrivée des missiles Patriot

Une première batterie de missiles antimissile Patriot a été débarquée lundi en Turquie pour protéger les frontières sud du pays d'une potentielle attaque de la Syrie.

Au total, l'Otan a décidé de l'envoi de six batteries, deux en provenance d'Allemagne, deux des Pays-Bas et deux des Etats-Unis. Quelque 400 soldats accompagneront ce déploiement.


Cette première batterie et des dizaines de véhicules de transport militaires ont été débarqués d'un navire allemand ayant accosté lundi au port d'Iskenderun.

Quelque 150 militants du Parti communiste turc s'étaient rassemblés pour dénoncer ce déploiement. Un drapeau américain a été brûlé à une des entrées du port.

La Turquie, qui abrite plus de 150.000 réfugiés syriens, possède 900 kilomètres de frontière commune avec la Syrie. Le gouvernement d'Ankara a demandé l'aide de ses partenaires de l'Alliance atlantique pour sécuriser cette zone déstabilisée par le conflit syrien.

Pour Damas, il s'agit d'une "provocation".

"Cette mission est purement défensive", a affirmé le colonel Dariusz Kacperczyk, porte-parole de l'Otan pour cette mission. "Il s'agit de dissuader toute menace possible de missiles contre la population et le territoire turcs", a ajouté cet officier polonais.

Les Patriot néerlandais sont attendus ce mardi à Iskenderun, les batteries américaines d'ici la fin du mois. Le dispositif doit être pleinement opérationnel début février.

Jonathon Burch; Henri-Pierre André pour le service français - Reuteurs



Le navire cargo Suecia Seaways transportant les systèmes de missiles sol-air Patriot destinés à la Turquie est entré lundi matin dans le port turc d'Iskenderun, rapportent les médias locaux.

D'après l'agence de presse turque Anadolu, les Patriot fournis par l'Allemagne seront déployés dans la province de Kahramanmaras (sud-est), tandis que les batteries provenant des Pays-Bas seront implantées dans la province d'Adana (sud).

Au total, plus de 130 conteneurs avec des armements devant être déployés en Turquie conformément à la décision de l'Otan seront déchargés du navire.

Le 21 novembre 2012, la Turquie a officiellement demandé à l'Alliance atlantique de lui fournir des systèmes anti-aériens Patriot pour protéger sa frontière longue de 900 km avec la Syrie. Le 4 décembre, le Conseil de l'Otan a donné la réponse positive à la demande d'Ankara. Au total, six batteries de Patriot provenant d'Allemagne, des Pays-Bas et des Etats-Unis seront déployées à la frontière entre la Turquie et la Syrie. Elles seront opérationnelles dès fin janvier.


Les missiles sol-air Patriot PAC-3 sont capables d'abattre des missiles balistiques tactiques, des missiles de croisière et des avions. Ces armes ont déjà été déployées à deux reprises en Turquie en 1991, pendant la guerre du Golfe, et puis en 2003 lors de la guerre contre l'Irak.

Ria Novosti 


10/01/2013 -  Les missiles allemands « Patriot » acheminés vers la Turquie

Les systèmes allemands de défense aérienne destinés à être déployés en Turquie doivent être chargés ce mardi (08/01) sur un cargo au port de Lübeck-Travemünde, dans le Schleswig-Holstein. Vendredi, la Bundeswehr a annoncé qu’elle mobiliserait environ 300 véhicules et plus de 130 conteneurs. Les deux premières unités de soldats allemands s’envoleront pour la Turquie ce mardi également, en tant qu’éléments précurseurs.
 Le matériel a été chargé sur le cargo « Suecia Seaways », propriété de l’armateur danois DFDS, dans le cadre d’un accord de coopération germano-danois signé en 2006. Le navire devrait atteindre le port turc d’Alexandrette le 21 janvier.
L’Allemagne, les Pays-Bas et les États-Unis mettent chacun deux batteries de missiles « Patriot » à la disposition de la Turquie, leur partenaire au sein de l’OTAN, afin de protéger le pays contre d’éventuels tirs de missiles syriens.

Les quelque 350 soldats de la Bundeswehr envoyés sur place seront mobilisés à la base aérienne de Kahramanmaras, à une centaine de kilomètres au nord de la frontière syrienne. Les troupes néerlandaises seront envoyées à Adana, et les américaines à Gaziantep. Selon l’OTAN, il s’agit d’une opération de nature purement défensive.

Les effectifs de la Luftwaffe participant à l’opération comprennent principalement des soldats des 21e et 24e escadrons de défense aérienne, situés respectivement à Sanitz et à Bad Sülze, dans le Mecklembourg-Poméranie occidentale.

Dapd - Missions allemandes en France


09/12/2012 -  Damas met en garde contre l'usage d'armes chimiques par les rebelles

Le pouvoir en Syrie a mis en garde contre l'utilisation par les rebelles d'armes chimiques dans le conflit et répété que ses troupes ne recouraient jamais à ces armes, dans des lettres adressées à l'ONU et citées samedi par les médias officiels.
 Le ministère des Affaires étrangères met en garde contre l'utilisation par les groupes terroristes d'armes chimiques contre le peuple syrien. Il déplore l'inaction de la communauté internationale après la récente prise de contrôle par un groupe terroriste d'une usine privée fabriquant du chlore toxique à l'est d'Alep (nord), indiquent notamment les missives.
Le ministère fait allusion à l'usine syro-saoudienne SYSACCO qui fabrique de la soude caustique et du gaz chlorhydrique, prise cette semaine selon des habitants et une vidéo de rebelles par les jihadistes du Front al-Nosra. Elle se trouve près de la localité de Sfire, dans une zone agricole. Il y a eu dans le passé de nombreuses plaintes d'agriculteurs car l'usine polluait l'eau.

Mercredi, un groupe de rebelles avait posté une vidéo où l'on voyait des hommes masqués montrant des bouteilles de chlorure de potassium et puis versant ce produit dans un bocal où se trouvent deux lapins qui meurent peu après.

Dans les mêmes lettres adressées au Conseil de sécurité de l'ONU et au secrétaire général Ban Ki-moon, Damas réaffirme qu'il n'utilisera jamais les armes chimiques, si elles existent, car il défend son peuple contre le terrorisme soutenu par des pays connus, Etats-Unis en tête.

La communauté internationale a multiplié ces derniers jours les mises en garde au président Bachar al-Assad contre tout recours à des armes chimiques, des responsables américains s'exprimant sous le couvert de l'anonymat assurant que l'armée avait chargé avec du gaz sarin des bombes destinées à être larguées par avion.

Ban Ki-moon avait estimé que le recours à ces armes serait un crime scandaleux.

George Sabra, chef du Conseil national syrien (CNS), principale composante de la Coalition de l'opposition, avait réclamé vendredi des actes et pas seulement des paroles, en particulier face aux armes chimiques qui menacent, selon lui, la sécurité mondiale.

Le régime syrien avait déjà assuré qu'il n'utiliserait jamais, si elles existent, d'armes chimiques contre son peuple. Toutefois, Moscou, son grand allié, a implicitement reconnu leur existence, affirmant qu'elles étaient sous contrôle étroit.

La Syrie est en proie depuis 20 mois à un conflit dévastateur déclenché par une révolte populaire qui s'est militarisée au fil des mois face à la répression menée par le régime. Plus de 42.000 personnes y ont péri, selon une ONG syrienne.

AFP



07/12/2012 - Des antimissiles Patriot déployés à la frontière turco-syrienne

Depuis des mois, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, demandait à l'OTAN de l'aider à protéger sa frontière, maintes fois malmenée par le régime syrien de Bachar al-Assad, qui mène un combat sans merci aux rebelles de l'Armée syrienne libre. Cette semaine, l'organisation de coopération militaire a acquiescé à la demande turque et promis de déployer des systèmes antimissiles Patriot. Les enjeux en trois questions et réponses.
 Q La situation dégénère en Syrie depuis un an et demi. Pourquoi l'OTAN agit-elle maintenant?

R «La Turquie fait le calcul que la Syrie risque de continuer à harceler les réfugiés qui sont dans l'est du pays. Ce harcèlement va se faire avec des avions de chasse et des missiles qui entreront sur son territoire. Il est de l'intérêt de la Turquie de protéger sa population ainsi que les réfugiés», estime Jocelyn Coulon, directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix de l'Université de Montréal. Selon David Welch, détenteur de la chaire en sécurité globale au Centre pour l'innovation dans la gouvernance internationale, l'OTAN a attendu un certain temps avant de venir à la rescousse de la Turquie afin de ne pas internationaliser le conflit. «Cependant, en tant qu'alliance, il était nécessaire de montrer que tous les membres sont derrière la Turquie», note-t-il.

Q Quel sera le rôle des missiles Patriot?

R Selon l'énoncé de l'OTAN, les systèmes de défense antimissile seront déployés en Turquie par les États-Unis, l'Allemagne et les Pays-Bas pour des raisons défensives et auront pour objectif d'intercepter missiles et avions qui violeraient le territoire turc. De confection américaine, les Patriots ont surtout été utilisés pendant la première guerre du Golfe, avec une efficacité restreinte, rappelle M. Welch. «Depuis, ils ont été améliorés, notamment au chapitre des logiciels, mais nous n'avons pas encore vu leur efficacité.» À long terme, les Patriots pourraient être utilisés dans l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne, mais cette mesure devrait alors être accompagnée de ressources militaires beaucoup plus importantes, ajoute Jocelyn Coulon.

Q La Turquie craint notamment que Bachar al-Assad utilise des armes chimiques. Jusqu'à quel point cette menace est réelle?

R «Nous ne connaissons pas le potentiel total du régime syrien. Nous savons qu'Assad possède des armes chimiques parce qu'il l'a dit», rappelle Jocelyn Coulon. Selon maints rapports, la Syrie serait en possession de sarin, de gaz de moutarde et d'autres substances toxiques s'attaquant au système nerveux. «Bachar al-Assad n'a jamais utilisé les armes chimiques et a dit qu'il ne les utiliserait pas contre sa population. Cependant, il dit qu'il est prêt à l'utiliser contre les «envahisseurs», qui se trouvent en Syrie ou, en d'autres termes, les rebelles. Ces derniers se trouvent dans les villes. Donc, si on fait des déductions, il n'est pas exclu qu'il utilise ces armes», explique M. Coulon. David Welch croit pour sa part qu'il est peu probable que ces armes soient utilisées contre la Turquie. Une telle agression entraînerait une intervention militaire internationale contre le régime baasiste, remarque l'expert.


Lapresse.ca





27/10/2012 - La Turquie poursuit sa riposte en Syrie mais assure ne pas partir en guerre

La Turquie a poursuivi jeudi ses tirs de représailles sur la Syrie au lendemain du bombardement syrien meurtrier sur le village frontalier d'Akçakale mais a assuré qu'elle ne voulait pas faire la guerre à son voisin, unanimement condamné par la communauté internationale.

Après plusieurs heures de débats à huis clos, le Parlement turc, où le parti du Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan dispose d'une confortable majorité, a formellement autorisé le gouvernement à mener des opérations militaires en Syrie au nom de la "sécurité nationale".

Sitôt adopté le texte, le vice-Premier ministre turc Besir Atalay s'est empressé de rassurer ceux qui ont vu dans cette autorisation le risque d'une dangereuse escalade militaire.

"Cette motion n'est pas une motion pour la guerre", a-t-il affirmé, précisant qu'elle avait d'abord une vertu "dissuasive".

Sur le même mode rassurant, M. Atalay a également souligné que la Syrie avait admis la responsabilité des tirs de mercredi et présenté ses excuses. "La partie syrienne admet ce qu'elle a fait et s'excuse. Ils assurent qu'une tel incident ne se répétera pas", a-t-il insisté.

Ces excuses interviennent alors que l'armée turque a poursuivi jeudi, après sa première riposte la veille, ses attaques sporadiques sur des positions de l'armée syrienne dans les environs du poste-frontière syrien de Tall al-Abyad, juste en face d'Akçakale (sud-est).

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), la riposte militaire turque, qui a notamment visé le secteur de Rasm al-Ghazal, près de Tall al-Abyad, a tué "plusieurs soldats syriens".

Souveraineté turque

Comme le vice-Premier ministre Atalay, de nombreux responsables turcs se sont employés à rassurer leurs alliés sur leurs intentions.

"La Turquie ne cherche pas à faire la guerre mais elle est parfaitement capable de se défendre contre toute attaque menaçant sa souveraineté", a résumé l'un des vice-présidents du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir en Turquie, Ömer Celik.

Dès mercredi soir, le chef du gouvernement turc avait souligné sa détermination à riposter. "La Turquie ne laissera jamais impunies de telles provocations du régime syrien, qui menacent notre sécurité nationale, dans le respect du droit international et de ses règles d'intervention", avait-il tonné à l'issue d'une réunion d'urgence avec ses conseillers.

Comme la veille, l'incident d'Akçakale, le plus grave survenu entre les deux pays depuis la destruction d'un avion de chasse turc par la Syrie en juin dernier, a été fermement condamné par les alliés de la Turquie, qui ont affiché une solidarité sans faille avec leur partenaire.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé que les tirs syriens constituaient "une menace sérieuse à la paix et à la sécurité internationales", tandis que son homologue allemand Guido Westerwelle a préconisé "une réponse raisonnable à cette situation qui se détériore".

La représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a elle aussi condamné "fermement" les tirs syrien tout en appelant "toutes les parties à faire preuve de retenue".

Les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU, saisis par la Turquie, devaient publier jeudi une déclaration condamnant vigoureusement les tirs syriens et demandant à Damas de respecter le territoire de ses voisins.

Appels à la retenue

Cette déclaration devait être entérinée dès mercredi soir mais à la dernière minute, la Russie, fidèle alliée du régime syrien, a demandé que son adoption soit reportée à 14H00 GMT. La Russie, qui s'est systématiquement opposée jusque-là à toute condamnation de Damas, pourrait entre-temps proposer des modifications au texte ou même lancer l'idée d'une enquête internationale sur cet incident, selon un diplomate.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a néanmoins appelé Damas à reconnaître que le bombardement en Turquie était un "incident tragique".

Autre allié du régime syrien, l'Iran a appelé par la voix du ministre des Affaires étrangères adjoint Hossein Amir Adbolahian à la retenue et à "enquêter sur l'incident".

Mercredi soir, le ministre syrien de l'Information Omran Zoabi a annoncé l'ouverture d'une enquête sur l'origine des tirs syriens et présenté les condoléances de son pays à la Turquie.

En Syrie, les combats que se livrent depuis fin juillet rebelles et forces gouvernementales pour le contrôle de la ville d'Alep (nord de la Syrie) se sont poursuivis jeudi, au lendemain d'un triple attentat à la voiture piégée qui a fait au moins 48 tués, en majorité des militaires, et une centaine de blessés.

Vingt-et-un membres de la force d'élite de la Garde républicaine ont été tués jeudi matin à Qoudsaya, une banlieue ouest de Damas, par une explosion suivie d'échanges de tirs, selon l'OSDH.

Voix du nord


14/10/2012 - La Turquie déploie 250 chars à la frontière syrienne 

La Turquie est restée ferme face aux dénégations russes et syriennes en maintenant que l’avion de ligne qu’elle a intercepté, mercredi, convoyait du matériel militaire pour la Syrie.  

Une guerre des mots qui alourdit un peu plus le climat déjà à l’orage entre Ankara et Damas. Jeudi, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, lui-même est monté au créneau pour assurer que la cargaison saisie à bord de l’Airbus A320 Moscou-Damas contenait «de l’équipement et des munitions à destination du ministère syrien de la Défense». Jusque-là, les autorités turques se sont contentées de justifier l’interception et l’escale forcée à Ankara de l’appareil de la Syrian Air en évoquant une «cargaison illégale» ou «douteuse». Le chef du gouvernement turc n’a pas précisé la nature de cet «équipement», fabriqué, selon lui, par un industriel russe de l’armement qu’il n’a pas nommé.

Mais, ainsi qu’il l’a suggéré, sûr de lui, ce matériel pourrait être présenté publiquement «si nécessaire» pour faire taire les démentis courroucés en provenance de Moscou et Damas. La Syrie a vivement réagi jeudi soir, via un communiqué de son ministère des Affaires étrangères, en accusant Recep Tayyip Erdogan de «mentir» pour «justifier le comportement hostile de son gouvernement à l’égard de la Syrie». Le ministère syrien de l’Intérieur l’a même mis «au défi de montrer ces équipements et les munitions saisis pour prouver ce qu’il dit». Avant même la sortie du Premier ministre turc, les autorités russes ont catégoriquement nié la présence d’armes à bord de l’Airbus de la Syrian Air et vivement protesté contre l’interception turque qui a, selon elles, «mis en danger» les passagers russes embarqués à son bord.

Risque d’escalade

Par ailleurs, le quotidien russe Komersant est venu jeter le trouble sur ce démenti officiel en affirmant, hier, sur la foi de sources au sein de l’industrie d’exportation d’armes, que l’A320 syrien transportait douze caisses contenant des pièces de radar pour les batteries antiaériennes syriennes. «Ce ne sont pas des armes», a précisé une de ces sources. «Nous n’avons enfreint aucune loi internationale», a affirmé une autre.
Depuis le bombardement du village frontalier turc d’Akçakale le 3 octobre, qui s’est soldé par la mort de cinq civils, l’armée turque riposte désormais systématiquement à chaque tir d’obus syrien qui atteint son territoire. Ses frappes ont déjà visé, à quatre reprises au moins en huit jours, les positions des troupes du régime de Damas. Même si les responsables politiques ont répété qu’ils ne souhaitent pas «faire la guerre» avec leur voisin, l’armée turque a régulièrement renforcé depuis la mi-septembre ses effectifs aux portes de la Syrie. Selon le quotidien Hürriyet d’hier, quelque 250 chars turcs y sont désormais déployés.

Et cette semaine, son chef d’état-major, le général Necdet Özel, en tournée d’inspection à la frontière, a menacé la Syrie d’une «réponse encore plus puissante», si ses obus ne cessaient pas de tomber sur le territoire turc. Même si les alliés de la Turquie n’ont cessé de louer sa «retenue» jusqu’à présent, certains n’ont pas masqué leur inquiétude. Jeudi, le président français, François Hollande, a jugé qu’il existe un risque d’escalade entre les deux voisins. «Nous devons tout faire pour que la révolution syrienne ne fasse pas débordement en Turquie, au Liban, en Jordanie», a-t-il souligné. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, est attendu aujourd’hui à Istanbul pour y répéter à son homologue turc, Ahmet Davutoglu, un même message de modération. Ce dernier recevra le même jour le médiateur international en Syrie, Lakhdar Brahimi, pour évoquer «tous les aspects» du conflit syrien, a expliqué la même source.

AFP




04/10/2012 - L'armée turque autorisée à intervenir en territoire syrien "si nécessaire" 

Damas s'est excusé après les tirs d'obus meurtriers qui ont frappé un village frontalier en Turquie mercredi. Le Parlement turc a quant à lui donné jeudi le droit à son armée de mener des opérations militaires en Syrie "si nécessaire".

Le Parlement turc a adopté jeudi une motion du gouvernement turc autorisant l'armée à conduire "si nécessaire" des opérations en Syrie. Le texte, d'une validité d'une année, a été voté par 320 députés contre 129 (sur 550 sièges) à l'Assemblée nationale, réunie depuis le matin en session spéciale à huis clos.

Damas présente ses excuses

Sitôt la séance parlementaire levée, le vice-Premier ministre turc Besir Atalay s'est empressé de préciser que le texte voté ne donnait pas mandat au gouvernement de faire la guerre à la Syrie, ajoutant que la motion avait une vertu "dissuasive".

Le responsable gouvernemental a ajouté que la Syrie avait présenté ses excuses à la Turquie après les tirs d'obus qui ont tué cinq civils turcs et provoqué des bombardements de représailles turques sur des positions de l'armée fidèle au président Bachar al-Assad.
 

Tensions ravivées

Les tensions entre la Syrie et la Turquie ont connu une brusque escalade mercredi soir lorsque plusieurs obus ont frappé la localité turque d'Akçakale, située juste en face du poste-frontière syrien Tall al-Abyad, et tué cinq civils. Quelques heures plus tard, l'armée turque a bombardé en représailles plusieurs "cibles" situées en territoire syrien. (lire aussi: La Turquie bombarde des cibles en Syrie après des tirs d'obus meurtriers).

Ces bombardements, qui ont continué jeudi matin, ont tué plusieurs soldats syriens, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, qui s'appuie sur un vaste réseau d'informateurs. L'ONG basée en Grande-Bretagne n'a toutefois pas précisé le nombre de victimes dans les rangs de l'armée syrienne.
Condamnations internationales

Les tirs d'obus sur Akçakale sont l'incident le plus grave entre la Turquie et la Syrie depuis la destruction d'un avion turc par la défense antiaérienne syrienne en juin. Ils ont été fermement condamnés par l'OTAN et les Etats-Unis qui ont affiché leur solidarité avec Ankara, pays membre de l'Alliance atlantique.

L'Union européenne a aussi fermement condamné jeudi les tirs de l'armée syrienne sur le village frontalier turc d'Akçakale. Bruxelles a appelé "toutes les parties" à la retenue. La France va plus loin, demandant à Damas de cesser "ses actes de violence sans délai".


Rts.ch 

 

31/08/2012 - Paris et Londres évoquent une intervention militaire en Syrie
 

La France et la Grande-Bretagne ont prévenu jeudi le président syrien Bachar al Assad qu'une opération militaire destinée à mettre en place une zone de sécurité pour les civils était envisagée, malgré la paralysie du Conseil de sécurité des Nations unies.

L'adoption d'une résolution en ce sens par le Conseil de sécurité paraît impossible étant donné le blocage de la Russie et la Chine. Mais plusieurs pays pourraient intervenir en dehors de l'autorité de l'Onu, comme cela avait été le cas au Kosovo en 1999.
 
"Nous n'écartons rien et avons prévu des solutions pour un large éventail de solutions", a déclaré le chef de la diplomatie britannique William Hague lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue français Laurent Fabius avant la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de sécurité, qui doit aborder les moyens de résoudre la crise humanitaire en Syrie.

"Nous devons également dire clairement que tout ce qui ressemble à une zone de sécurité nécessite une intervention militaire et c'est bien sûr quelque chose qui doit être considéré avec beaucoup de précaution", a-t-il ajouté.

"De telles propositions soulèvent des questions importantes et nécessitent un examen approfondi et critique", a pour sa part déclaré le vice-secrétaire général des Nations unies Jan Eliasson.

De son côté, Laurent Fabius a estimé que "si Assad tombe rapidement, alors la reconstruction pourra commencer. Mais si malheureusement le conflit se poursuit, alors nous devons examiner plusieurs solutions. Nous devons être réalistes."

Mercredi, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a exhorté l'Onu à instaurer une zone refuge en Syrie pour les civils fuyant les combats qui font rage entre le régime de Damas et les insurgés, alors que le conflit dure maintenant depuis un an et demi.

AUGMENTATION DE L'AIDE

Les manifestations des premiers jours ont laissé la place à la guerre civile, mais les 15 membres du Conseil de sécurité sont toujours dans l'impasse. Jusqu'ici, la Russie et la Chine, qui disposent du droit de veto au Conseil de sécurité, ont bloqué trois résolutions appuyées par les puissances occidentales qui critiquaient le régime de Bachar al Assad et le menaçaient de sanctions.

La France, qui préside le Conseil pour le mois d'août, espérait que celui-ci pourrait s'accorder afin de palier le manque d'aide humanitaire et a convoqué la réunion de jeudi en ce sens, y invitant aussi les ministres des Affaires étrangères de plusieurs pays voisins de la Syrie : la Turquie, le Liban, la Jordanie et l'Irak.

Mais l'absence des ministres chinois et russe des Affaires étrangères à cette réunion vient rappeler l'impasse dans laquelle se trouve le Conseil de sécurité sur le dossier syrien, alors que l'Onu estime à près de 20.000 le nombre de morts depuis le début du conflit.

Moins de la moitié des pays membres du Conseil ont envoyé leurs ministres assister à la réunion. Parmi les cinq membres permanents, seuls la France et le Royaume-Uni ont envoyé leur ministre.

"Nous voulions une résolution sur la question humanitaire, mais nous avons essuyé un double refus", explique un diplomate français sous le sceau de l'anonymat. "Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne estiment que nous avons obtenu le maximum de ce qui pouvait l'être du Conseil de sécurité et Moscou et Pékin nous ont répondu qu'une résolution de ce genre aurait été biaisée."

La France et la Grande-Bretagne ont en outre annoncé jeudi une augmentation de leur aide humanitaire - trois millions de livres (3,8 millions d'euros) pour Londres, cinq millions d'euros pour Paris - et appelé les autres pays à les imiter.

Laurent Fabius a précisé que la France envoyait son aide dans des zones de Syrie qui ne sont plus sous le contrôle du gouvernement syrien afin d'inciter les communautés locales puissent s'auto-organiser et la population à ne pas se réfugier dans les pays voisins.

John Irish et Michelle Nichols; Baptiste Bouthier pour le service français- Reuteurs


11/08/2012 - Les Etats-Unis et la Turquie préoccupés par une éventuelle attaque à l'arme chimique en Syrie

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton et le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu ont déclaré samedi qu'ils étaient préoccupés par une éventuelle attaque à l'arme chimique du régime syrien contre l'opposition.

Lors d'une conférence de presse donnée peu après leur réunion à Istanbul, ils ont souligné que leurs pays étaient prêts à intensifier leur coordination, et à travailler ensemble si le pire venait à se produire en Syrie.

"Nous avons de sérieuses inquiétudes quant à la possibilité que les forces du gouvernement syrien puissent utiliser des armes chimiques", a indiqué M. Davutoglu.

Les Etats-Unis et la Turquie établiront un groupe de travail pour discuter de la crise en Syrie, où la situation ne cesse de se détériorer, ont-ils révélé.

Le groupe sera chargé de la coordination dans les domaines militaire et en matière de renseignement, et il devra mettre au point des réponses politiques appropriées aux potentielles retombées d'une attaque chimique, comme une situation de crise médicale grave, ou une soudaine augmentation du nombre de réfugiés syriens.

Plus de 50 000 Syriens se sont déjà réfugiés en Turquie pour fuir les troubles dans leur pays, a précisé M. Davutoglu


Radio Chine International





22/07/2012 - L'armée turque déploie des missiles sol-air à la frontière syrienne

L'armée turque a renforcé son dispositif le long de la frontière syrienne avec l'envoi dimanche de batteries de missiles sol-air et de véhicules de transport de troupes à Mardin (sud-est), a rapporté l'agence de presse Anatolie.

Un convoi ferroviaire transportant plusieurs batteries de missiles antiaériens et de véhicules de transport de troupes est arrivé à la gare de Mardin, placée pour l'occasion sous haute surveillance, a affirmé Anatolie.
Le convoi comprenait au moins cinq véhicules équipés de missiles anti-aériens, selon des images diffusées par la chaîne NTV.

Les équipements doivent être répartis au sein des différentes unités déployées le long de la frontière syrienne, a ajouté l'agence, citant une source militaire locale.

Ces mouvements interviennent alors que trois des sept postes-frontières syriens avec la Turquie ont été pris par les rebelles syriens au cours des six derniers jours.

Les relations entre la Turquie et la Syrie, très mauvaises depuis le début de la répression des mouvements de contestation du régime du président Bachar al-Assad, en mars 2011, se sont gravement tendues fin juin après que la défense antiaérienne syrienne a abattu un avion de combat turc au large de ses côtes.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a alors annoncé que les règles d'engagement militaire vis-à-vis de la Syrie avaient été changées, de telle sorte que "tout élément militaire qui posera (...) un danger de sécurité à la frontière turque venant de la Syrie" sera considéré comme une cible.

AFP 


20/07/2012 - Les Etats-Unis veulent désormais agir "en dehors" de l'ONU

La Maison Blanche a qualifié jeudi d'"extrêmement regrettable" le veto opposé par la Russie et la Chine à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie et estimé qu'il sonnait le glas de la mission dirigée par l'émissaire Kofi Annan dans ce pays.

Ce double veto oblige les Etats-Unis à réfléchir à une nouvelle stratégie face aux risques induits par l'aggravation de la crise, non seulement pour la stabilité du Proche-Orient mais aussi en matière de prolifération.

 "Nous allons intensifier nos efforts avec un éventail de partenaires en dehors du Conseil de sécurité afin d'exercer des pressions sur le régime Assad", a déclaré jeudi l'ambassadrice américaine aux Nations-Unies, Susan Rice.
A l'ONU, la Russie et la Chine ont provoqué la colère des Occidentaux en opposant pour la troisième fois leur veto à une résolution du Conseil de sécurité prévoyant des sanctions contre le régime syrien.

Le rejet de la résolution remet en question la médiation de Kofi Annan et la mission des observateurs onusiens, au terme d'une journée où 248 personnes ont été tuées en Syrie, soit "le plus lourd bilan documenté depuis seize mois", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Pékin se contente de suivre dans ce dossier. C'est plutôt Moscou qui donne le tempo. Il y a l'aspect psychologique, d'abord. La Russie avait voté  en 2011 la résolution pour une zone d'exclusion aérienne en Libye. Qui s'était rapidement transformée en une offensive anti-Kadhafi. Vladimir Poutine a eu comme on dit l'impression de se faire avoir, et a promis qu'on ne l'y reprendrait pas.

Par principe, la Russie est toujours hostile à toute ingérence dans les affaires intérieures d'un pays. D'autant qu'elle a des intérêts majeurs en Syrie. Les ventes d'armes qui se chiffrent à des millions d'euros. Mais c'est aussi une alliance de cinquante ans ; et le dernier bastion d'influence russe dans la région, où elle possède sa seule base maritime en méditerranée à Tartous. Enfin, Vladimir Poutine ne cesse de dire qu'il préfère un mauvais Assad à un islamiste.

Washington envisage désormais une solution "en dehors" du Conseil de l'ONU. Comment comptent-ils s'y prendre ? Ca reste volontairement flou. Mais ça veut dire que les Etats-Unis, avec le plus d'alliés possible, vont désormais se concentrer sur leurs principaux intérêts en matière de sécurité, tels que les armes chimiques, le cas Al Qaïda et le danger d'une extension du conflit.

La perspective d'une intervention militaire suscite les plus grandes réticences. N'oublions pas que Barack Obama est en campagne. Ils vont tout faire pour soutenir l'opposition. Politiquement, mais aussi en lui livrant de l'équipement, en fournissant une assistance humanitaire, tout en durcissant les pressions économiques et les sanctions contre le régime.

Sur le terrain, les combats continuent de faire rage dans certains quartiers de Damas, où les rebelles semblent poursuivre inexorablement leur progression. Dans le cadre d'une offensive apparemment concertée, les rebelles ont pris le contrôle de plusieurs postes frontières avec l'Irak et la Turquie.

Les votes des 15 membres du Conseil de sécurité


RTL


28/06/2012 - La Turquie renforce sa frontière

Des rebelles syriens ont frappé ce jeudi au cœur de Damas, selon la télévision officielle, et la Turquie a déployé des troupes à sa frontière sud-est, accentuant la pression sur le président Bachar al Assad à deux jours d'une importante réunion internationale à Genève sur la transition en Syrie.

Une forte explosion s'est produite sur le parking du palais de justice de la capitale, mettant le feu à une vingtaine de voitures, rapporte un correspondant de Reuters présent à Damas. En pleine escalade des violences à travers le pays, la télévision d'Etat a parlé d'une attaque «terroriste» et l'agence de presse officielle Sana a fourni un bilan de trois blessés.

Pas de perspective de conflit armé (?)

Dans le sud-est de la Turquie, des convois militaires ont fait mouvement vers la frontière syrienne, six jours après la destruction d'un avion de combat turc par la Syrie en Méditerranée. Dénonçant un acte hostile, la Turquie avait prévenu qu'elle renforcerait sa sécurité dans la région tout en excluant un conflit armé avec Damas.

La Turquie, qui appelle Bachar al Assad à quitter le pouvoir après seize mois d'un soulèvement réprimé dans le sang, accueille environ 33.000 réfugiés syriens à sa frontière sud-est, ainsi que des éléments de l'Armée syrienne libre (ASL) qui regroupe des insurgés armés. Dans la province d'Hatay, où se déroule l'essentiel du redéploiement de l'armée turque, des membres de l'ASL ne croient pas que ces mouvements sont le prélude à une intervention transfrontalière.

Reuteurs


26/06/2012 - La Turquie met en garde la Syrie

La Turquie a prévenu mardi qu'elle riposterait à toute violation de sa frontière par la Syrie, où des combats d'une violence inédite se déroulaient autour de positions de la Garde républicaine dans la périphérie de Damas.

De son côté, l'Otan réunie d'urgence à Bruxelles à la demande d'Ankara à la suite de la destruction en vol d'un de ses avions de combat par la Syrie vendredi, a jugé cet incident "inacceptable" et exprimé son "soutien et sa solidarité" à la Turquie.

Dans le même temps, l'armée syrienne affrontait des rebelles à 8 km du centre de la capitale, à Qoudsaya et Al-Hama, autour de positions de la Garde républicaine, corps d'élite chargé de la sécurité de Damas et de ses banlieues, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Lors d'un discours devant le Parlement, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a violemment condamné le régime syrien et affirmé que "les règles d'engagement des forces armées turques (avaient) désormais changé".

"Tout élément militaire qui posera un risque et un danger de sécurité à la frontière turque venant de la Syrie, sera considéré comme un cible" militaire, a-t-il affirmé.

Voyant dans la destruction de son avion en plein vol un "acte hostile" et une "attaque lâche du régime (du président Bachar) al-Assad", il a souligné que cet événement montrait que ce régime était "devenu une menace claire et proche pour la sécurité de la Turquie comme pour son propre peuple".

Il a affirmé que le F-4 Phantom avait été abattu en mission d'entraînement dans l'espace international et non dans l'espace syrien, comme l'affirme Damas.

La Turquie ripostera "en temps opportun" et avec "détermination" à la chute de son avion, a ajouté M. Erdogan, en précisant que son pays continuerait de soutenir le peuple syrien jusqu'à la chute de la "dictature cruelle" en place à Damas.

"Mépris pour les règles internationales"

Dans le même temps, l'Otan s'est réunie à la demande de la Turquie, qui a invoqué "l'article 4 du traité" de l'Alliance prévoyant que tout pays membre peut porter une question à l'attention du Conseil quand il estime que son intégrité territoriale ou sa sécurité est menacée.

"La sécurité de l'Alliance est indivisible. Nous sommes aux côtés de la Turquie dans un esprit de forte solidarité", a déclaré le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Anders Fogh Rasmussen, à l'issue de la réunion.

L'attaque contre l'avion turc est un "exemple supplémentaire du mépris des autorités syriennes pour les règles internationales, la paix et la sécurité, ainsi que pour la vie humaine", a-t-il encore estimé, sans évoquer l'option militaire.

Selon des experts spécialisés russes cités par l'agence d'Etat Ria Novosti, le F-4 Phantom abattu testait la défense antiaérienne syrienne pour le compte de l'Otan et sa destruction a montré l'efficacité des systèmes russes dont est équipée la Syrie.

Le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç avait souligné lundi qu'un avion de sauvetage en mer turc avait en outre essuyé des tirs syriens alors qu'il menait des recherches pour retrouver les pilotes du F-4 Phantom.

Il a menacé d'interrompre les exportations d'électricité de la Turquie vers la Syrie en représailles, même si cela pourrait affecter la population civile déjà éprouvée par plus de 15 mois de violences.

Damas avait accusé auparavant Ankara de vouloir "attiser" la crise et mis en garde contre toute "agression" contre le territoire syrien, assurant "ignorer" la nature de la cible abattue.

L'Iran, allié de Damas, a indiqué mardi vouloir user de ses "bonnes relations" avec la Turquie et la Syrie pour régler le dossier, qu'il a qualifié de "très délicat".

Pendant ce temps, les membres du nouveau gouvernement syrien prêtaient serment devant le président Assad, selon la télévision syrienne.

A travers le pays, les violences ne faiblissaient pas, faisant au moins 15 morts, d'après l'OSDH, dont six dans les combats entre l'armée et les rebelles près de Damas. La veille, elles avaient fait 95 morts, en majorité des civils, selon la même source.

Selon le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, "c'est la première fois que le régime a recours à l'artillerie lourde dans des combats aussi proches de la capitale".

"Ces banlieues abritent des casernes de troupes très importantes pour le régime à l'instar de la Garde républicaine. C'est là aussi où habitent des familles d'officiers", a-t-il précisé.

Par ailleurs, des habitants de Homs (centre) ont lancé un appel au secours, accusant le régime alaouite de viser les quartiers sunnites.

Les sanctions n'ont pour le moment pas fait plier Damas qui a profité des divisions internationales pour intensifier la répression, qui avec les combats a fait plus de 15.000 morts selon l'OSDH.

AFP



25/06/2012 - La Russie appelle l'OTAN à ne pas faire escalader les tensions autour de la Syrie

Le ministère russe des Affaires étrangères a appelé lundi l'OTAN à ne pas utiliser la demande turque d'une réunion de l'alliance pour escalader les tensions autour de la Syrie.

"La demande de la Turquie à l'OTAN pourrait être considérée comme un signal très dérangeant qu'il y a une escalade possible de la situation autour de la Syrie", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères, Alexander Glushko, à l'agence de presse RIA Novosti.

Actuellement, la communauté internationale doit s'allier pour créer un environnement permettant une transformation politique de la crise en Syrie, a déclaré le diplomate.

"Toutes les parties syriennes doivent être encouragées à chercher une solution politique", a souligné M. Glushko.

Ankara a demandé à l'OTAN d'organiser une réunion spéciale pour discuter de l'Article IV du Traité de l'Atlantique Nord lié à l'incident de vendredi. La semaine dernière, un avion de combat a été abattu par la Syrie.

D'après cet article, tout membre de l'OTAN peut consulter les alliés en cas de menace pour leur intégrité territoriale, indépendance politique ou sécurité.

La Syrie affirme avoir tiré en respectant les lois observées dans des situations similaires, alors que la Turquie insiste sur le fait que son avion de combat a été abattu dans l'espace aérien international.

Radio Chine Internationale


25/06/2012 - Le F-4 turc abattu testait la défense antiaérienne syrienne pour l'OTAN selon des experts russes

L'incident de vendredi s'est déroulé, selon Ankara, alors que l'appareil effectuait une mission d'entraînement au-dessus des eaux internationales, Pour les experts russes, il testait des systèmes pour l'OTAN.

Le F-4 Phantom turc abattu vendredi testait la défense antiaérienne syrienne pour le compte de l'OTAN et sa destruction a montré l'efficacité des systèmes russes dont est équipée la Syrie, estimaient des experts spécialisés russes cités lundi par l'agence d'Etat Ria Novosti.

L'incident, survenu selon Ankara alors que l'appareil effectuait une mission d'entrainement au-dessus des eaux internationales, et selon Damas alors qu'il avait violé l'espace aérien syrien, a causé un accès de tension entre les deux pays, et doit être au centre mardi d'une réunion de l'OTAN dont la Turquie est membre.

L'agence Ria Novosti affirme de son côté, citant l'expert Saïd Aminov, que le vol visait "selon toute probabilité à tester les systèmes de DCA syriens dans le but de mettre au jour ses éléments".

"L'avion volait à basse altitude, et c'est un des éléments clés de la violation de tout système de défense antiaérienne", ajoute Ria Novosti, citant M. Aminov, qui dirige le site spécialisé "Vestnik PVO" (Les nouvelles de la DCA). Une opinion partagée selon Ria Novosti par l'expert russe Igor Korotchenko, du Centre d'analyse des ventes d'armes internationales.

Le but probable de la mission était "de forcer les moyens de visée des batteries syriennes à se déclencher, d'activer les stations radar, et peut-être de provoquer leur basculement en régime de combat", indique l'agence, citant Igor Korotchenko.

"La Turquie est membre de l'OTAN, où se pratique l'échange de données de reconnaissance avec les autres membres de l'alliance, et mène une activité de renseignement radio-électronique active autour de la Syrie", ajoute Ria Novosti citant cet expert.

L'incident "témoigne de l'efficacité de la DCA syrienne, dont la base est constituée de batteries de moyenne portée de production russe Buk-M2E, Petchora-2M et de systèmes de DCA Pantsir-S1", poursuit par ailleurs l'agence, citant Saïd Aminov.

La Russie, allié de longue date de Damas, a confirmé la semaine dernière continuer de lui livrer, outre des hélicoptères de combat après réparation, des moyens de défense anti-aérienne. Moscou a souligné que ces armements ne pouvaient être utilisés que contre "une agression extérieure".

Tribune de Genève


25/06/2012 - Avion turc/Syrie: provocation capable de déclencher une guerre (expert)

L'incident de l'avion de chasse turc abattu par la DCA syrienne pourrait être une provocation capable de déclencher une guerre, a déclaré le président de l'Académie des problèmes géopolitiques de Moscou Leonid Ivachov dans une interview à la chaîne de télévision "Russie-1".

"Ils ont utilisé cette tactique en Libye et en Yougoslavie. (…) Il est fort probable qu'il s'agit d'une provocation", a indiqué l'expert.

"Si le gouvernement turc ne cède pas à cette pression américaine, cet incident sera résolu (…) par la voie pacifique. Mais s'ils profitent de cette provocation pour contourner les forces de sécurité de l'Onu et pour attaquer, la guerre sera inévitable", a estimé M.Ivachov.

Un avion d'attaque F-4 turc a été abattu le 22 juin par la Syrie au-dessus de la Méditerranée orientale. Damas assure que le chasseur en question a violé son espace aérien. Pour sa part, Ankara affirme que le chasseur a été abattu dans l'espace aérien international lorsqu'il effectuait des tests sur un système de radar national.

L'épave de l'appareil a été localisée dimanche dans les eaux syriennes  à une profondeur de 1.300 mètres.

Ria


25/06/2012 - Ankara durcit le ton contre la Syrie

La Turquie a accusé dimanche la Syrie d'avoir abattu un de ses avions de combat dans l'espace aérien international et non dans l'espace syrien comme l'affirme Damas, et a demandé une réunion urgente avec ses alliés de l'Otan sur ce grave incident.

"D'après nos conclusions, notre avion a été abattu dans l'espace aérien international, à 13 milles nautiques de la Syrie", a déclaré à la télévision le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu.

Il a insisté sur le fait que le F-4 Phantom volait seul, vendredi, et n'avait "aucune mission, pas même de collecte d'informations, au-dessus de la Syrie".

M. Davutoglu a cependant reconnu que l'appareil, qui effectuait sans armes une mission d'entraînement et de test d'un système radar en Méditerranée, était entré un moment dans l'espace syrien, mais a déclaré qu'il avait été détruit 15 minutes après cette violation involontaire, sans avertissement au préalable.

"L'appareil est ensuite tombé dans les eaux syriennes", a-t-il dit.

L'Otan a confirmé dimanche qu'une réunion du Conseil de l'Atlantique nord se tiendra mardi à Bruxelles, comme l'a demandé la Turquie, a indiqué son porte-parole Oana Lungescu.

La Turquie doit faire une présentation sur cet incident devant les ambassadeurs des 27 autres pays alliés, a-t-elle précisé.

La Turquie a pour cela invoqué l'article 4 du traité fondateur de l’Alliance atlantique qui prévoit que tout pays membre de l’Otan peut porter une question à l’attention du Conseil et en débattre avec les alliés lorsqu'il estime que son intégrité territoriale, son indépendance politique ou sa sécurité est menacée.

M. Davutoglu a cependant déclaré que l'option militaire n'était pas d'actualité pour riposter.

"La Turquie agira avec retenue mais détermination", a-t-il insisté, mettant cependant en garde la Syrie: "Personne ne peut se permettre de mettre à l'épreuve les capacités (militaires) de la Turquie."

"Nous allons porter cette affaire devant l'opinion publique et le droit international, au nom de l'honneur de la Turquie", a-t-il continué.

Démarches diplomatiques

Le gouvernement turc a mis au point un "plan d'action" consistant à mener des démarches diplomatiques auprès de ses alliés de l'Otan et de l'Onu notamment, a fait savoir le ministre turc.

Dimanche, la Turquie a remis une note de protestation officielle à la Syrie, dénonçant la destruction de son avion, dans laquelle elle insiste que cet acte est "contraire au droit international" et qu'elle "se réserve le droit de prendre toutes loes mesures découlant du droit international", selon un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères, publié dimanche soir.

"Toute la responsabilité de cet acte incombe à la partie syrienne", souligne le document, qui ajoute que la Turquie "prendra avec détermination des mesures de représailles", sans préciser la nature de cette riposte.

Vendredi soir, la Syrie avait confirmé avoir abattu l'avion de chasse, affirmant qu'il avait pénétré dans son espace aérien.

Par ailleurs, Turcs et Syriens poursuivaient dimanche des recherches pour sauver les deux pilotes de l'appareil, mais l'espoir de les retrouver vivants semblait faible.

Le ministère turc des Affaires étrangères a indiqué que seul le positionnement géographique de l'avion était établi, et qu'il se trouvait à environ 1.300 mètres de profondeur.

Cet événement risque d'exacerber les tensions entre la Turquie et la Syrie, pays alliés jusqu'au début du mouvement de contestation contre le régime de Damas en mars 2011.

Depuis, Ankara a vivement dénoncé la répression sanglante du soulèvement, se joignant aux appels au départ du pouvoir du président syrien Bachar al-Assad. Le pays a également accueilli 32.500 réfugiés syriens ainsi que les soldats rebelles et l'opposition politique.

Après des tirs des forces syriennes en avril, qui ont atteint un camp de réfugiés syriens situé en territoire turc, Ankara a prévenu qu'il n'hésiterait pas à demander une intervention de ses alliés de l'OTAN.

La Grande-Bretagne et l'Italie ont dénoncé un acte "inadmissible" et "inacceptable" et les Etats-Unis, alliés traditionnels d'Ankara, ont qualifié par la voix de la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton, l'attaque syrienne d'acte "éhonté et inacceptable" et promis de travailler avec Ankara sur une réponse appropriée.

AFP


10/06/2012 - La Chine, la Russie et l'OCS contre une intervention en Syrie et en Iran

L'organisation de Coopération de Shanghai (OCS), dans laquelle Chine et Russie jouent un rôle prédominant, a affirmé jeudi son opposition à "toute intervention militaire au Moyen-Orient", en faisant référence à la Syrie, ainsi qu'à l'usage de la force contre l'Iran.

"Les Etats-membres sont opposés à toute intervention militaire, à l'imposition d'un changement de régime ou de sanctions unilatérales", a déclaré dans un communiqué à l'issue de son sommet à Pékin l'organisation qui regroupe la Chine, la Russie et quatre pays d'Asie centrale, avant de faire explicitement référence à la Syrie où un nouveau massacre aurait fait 100 morts mercredi.

L'OCS regroupe la Russie, la Chine et quatre ex-républiques soviétiques, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Kirghizstan. Leurs dirigeants ont ainsi entériné les déclarations allant dans le même sens la veille de Moscou et Pékin, à l'ouverture du sommet.

Spécifiquement sur la Syrie, l'OCS a souligné la "nécessité de cesser toute sorte de violence, quelle qu'en soit l'origine".

L'organisation régionale assure qu'une "solution pacifique du problème syrien par le dialogue politique" est dans l'intérêt à la fois du peuple syrien et de la communauté internationale.

Une centaine de personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées mercredi dans un massacre dans la région de Hama, dans le centre de la Syrie, a indiqué le Conseil national syrien (CNS), accusant les forces du régime de l'avoir perpétré. Le gouvernement a démenti.

Plus de 13.400 personnes, la plupart des civils tués par les forces régulières, ont péri en Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), en 15 mois d'une révolte réprimée dans le sang.

L'OCS a aussi affirmé son opposition à l'usage de la force contre l'Iran, accusé par des pays occidentaux de vouloir se doter de l'arme atomique.

"Toute tentative de résoudre la question iranienne par la force serait inacceptable et entraînerait des conséquences imprévisibles, menaçant la stabilité et la sécurité dans la région et dans le monde entier", ont assuré les six pays.

L'Iran fait partie des cinq pays ayant le rang d'observateurs à l'OCS (avec également l'Afghanistan, qui vient d'y être admis) et le président iranien Mahmoud Ahmadinejad se trouvait jeudi à Pékin.

Le sommet de l'OCS s'est déroulé alors que les incertitudes sur la nature du programme nucléaire de Téhéran continuent à susciter l'inquiétude internationale.

M. Ahmadinejad a depuis Pékin accusé les Occidentaux de vouloir perdre du temps dans les négociations nucléaires en refusant des rencontres préparatoires avant celle de Moscou les 18 et 19 juin. Ces accusations ont dans la foulée été réfutées par les Etats-Unis.

Washington s'est par ailleurs déclaré cette semaine peu optimiste quant à la signature d'un accord-cadre entre l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et Téhéran vendredi prochain lors d'un nouveau round de discussion à Vienne.

"De nouvelles sanctions visant Téhéran seraient "totalement contre-productives", avait déjà affirmé mercredi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Soutien traditionnel de l'Iran, la Chine répète souvent qu'elle est opposée à l'usage de la force ou aux menaces d'usage de la force contre Téhéran.

M. Ahmadinejad a depuis Pékin accusé les Occidentaux de vouloir perdre du temps dans les négociations nucléaires en refusant des rencontres préparatoires avant celle de Moscou les 18 et 19 juin. Ces accusations ont dans la foulée été réfutées par les Etats-Unis.

AFP


21/04/2012 - Syrie: Hollande pour une participation de la France si intervention de l'ONU

Le favori de la présidentielle en France, le socialiste François Hollande, a déclaré vendredi que s'il était élu et si une intervention militaire en Syrie était décidée par l'ONU, la France y participerait.

Si elle se fait dans le cadre de l'ONU, nous participerons à cette intervention, a déclaré M. Hollande sur la radio Europe 1 interrogé sur ce qu'il ferait s'il était élu au cas où l'ONU décidait d'une intervention militaire en Syrie pour protéger les civils.

M. Hollande est donné vainqueur par les sondages du second tour de la présidentielle des 22 avril et 6 mai.

Pour le moment, les Occidentaux et les pays arabes cherchent à exercer une pression maximale sur le régime de Bachar al-Assad. Jeudi, une quinzaine de pays réunis à Paris ont exigé le déploiement rapide d'une force robuste d'observateurs, menaçant de nouvelles sanctions en cas d'échec du plan Annan et évoquant une implication de l'OTAN.

Mais les Occidentaux continuent de rejeter à ce stade tout recours à la force hors mandat de l'ONU, comme l'a demandé jeudi le commandement de l'Armée syrienne libre (ASL), qui coordonne les actions armées des rebelles.

Le plan Annan vise à mettre fin à la répression de la révolte entamée il y a 13 mois et qui s'est militarisée au fil du temps. Les violences ont fait plus de 11.100 morts, en grande majorité des civils tués par les troupes du régime, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Romandie


12/04/2012 - La Turquie hausse le ton contre Damas et laisse planer le doute sur une zone tampon

La Turquie hausse le ton envers le régime du président syrien Bachar al-Assad après une brusque escalade de la tension à la frontière turco-syrienne, et laisse planer le doute sur la création d'une zone tampon pour contenir les réfugiés en territoire syrien.

"Ne nous poussez pas à bout. Ce à quoi nous ne voulons pas penser, c'est d'entrer là-bas. Mais si quelqu'un peut nous forcer à une telle chose, ce serait le régime syrien", a lancé le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan depuis la Chine où il est en visite, rapporte mercredi la presse turque.

Les journaux voient dans ces déclarations vagues des velléités du gouvernement islamo-conservateur turc, qui a rompu avec son ex-allié syrien, d'intervenir chez son voisin en créant une zone tampon, afin de pouvoir contenir en sol syrien un afflux massif de déplacés souhaitant entrer en Turquie.

Des diplomates turcs, contactés par l'AFP pour commenter ces propos, admettent que "toutes les options sont sur la table", laissant entendre que la Turquie étudiera différents scénarios si Damas ne respecte pas la date limite du 12 avril pour cesser totalement les hostilités, conformément au plan de l'émissaire international Kofi Annan.

La Turquie héberge actuellement près de 25.000 réfugiés qui ont fui le conflit en Syrie et s'inquiète de l'augmentation régulière de nouveaux arrivants. M. Erdogan a affirmé que les secours aux réfugiés ont coûté pour l'heure 150 millions de dollars.

Lundi la tension est brusquement montée à la frontière: des tirs en provenance de Syrie ont blessé quatre Syriens et deux Turcs à Kilis, où est installé un camp de réfugiés syrien.

Mardi soir, de nouveaux tirs depuis la Syrie visant apparemment à dissuader un groupe d'une centaine de Syriens d'entrer en Turquie ont atteint ce camp.

Lundi, depuis Pékin, M. Erdogan a condamné une "claire violation de la frontière" et promis d'agir, avant de renvoyer précipitamment à Ankara son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, qui l'accompagnait.

Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a répondu en accusant la Turquie de saper le plan Annan en aidant les rebelles, qu'elle héberge sur son sol, à se livrer au trafic d'armes vers la Syrie.

M. Davutoglu a téléphoné à ses collègues des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu tandis que M. Erdogan annonçait qu'il se rendrait vendredi en Arabie Saoudite pour évoquer la crise syrienne.

Selon la presse, M. Erdogan pourrait aussi se rendre en Russie, allié du régime syrien, après ses entretiens à Pékin, autre allié de taille de Damas.

Il a expliqué notamment à ses interlocuteurs chinois que la Turquie craint le pire à propos des réfugiés, autrement dit une répétition du cauchemar de la guerre du Golfe en 1991, lorsque 500.000 kurdes irakiens étaient massés à la frontière commune.

Et alors que les espoirs s'amenuisent concernant le plan Annan, l'opposition parlementaire turque prédit le "chaos" si la Turquie décide de faire cavalier seul dans la crise syrienne, en créant une zone tampon.

L'installation d'une telle zone nécessitant la présence de soldats turcs en Syrie, la presse turque s'inquiète.

"L'appellation officielle de ce genre de chose est une invasion de la Syrie. Franchissez une étape supplémentaire et cela revient à dire que la Turquie et la Syrie sont en guerre", écrit l'éditorialiste Mehmet Ali Birand dans le journal Hürriyet Daily News.

La depêche.fr


09/04/2012 - Syrie: la Turquie a préparé un scénario de crise

Le gouvernement turc, en lien avec le ministère de l'Intérieur et l'Etat-major du pays, ont élaboré un "scénario de crise" applicable en cas d'échec du plan de paix proposé par Kofi Annan, rapporte lundi le journal Millet se référant à une source haute placée ayant requis l'anonymat.

Le scénario prévoit la création de "zones de sécurité" dans le territoire syrien limitrophe avec la Turquie, ainsi que de couloirs humanitaires à la frontière des deux Etats, dont la sécurité serait assurée par l'armée turque, a indiqué la source.

D'après la revue, ces projets seront mis en place, si l'armée syrienne lance une opération d'envergure dans la ville d'Alep (nord de la Syrie, ndlr) et si le nombre des refugiés syriens en Turquie dépasse la barre de 50.000 personnes.

En outre, Ankara se dit prêt à solliciter le soutien de l'Onu et de la communauté internationale.

Selon les dernières estimations, le nombre de réfugiés syriens en Turquie a atteint 24.500 personnes qui, généralement, s'installent dans des camps de tentes déployés dans les régions frontalières.

Depuis la mi-mars 2011, la Syrie connaît un mouvement de contestation du régime en place. Selon les Nations unies, la répression de la révolte y aurait déjà fait plus de 9.000 morts. Damas indique pour sa part que plus de 2.000 policiers et militaires syriens ont été tués par des bandes armées financés de l'étranger.

Ria


15/03/2012 - La Turquie accuse la Syrie de miner la frontière commune, flot de réfugiés

Un millier de Syriens fuyant le conflit dans leur pays, se sont réfugiés ces 24 dernières heures en Turquie qui a accusé le régime syrien de miner la frontière commune pour empêcher un exode qui, selon le Croissant rouge, pourrait atteindre 500.000 personnes.

"Le nombre de réfugiés Syriens a augmenté d'un millier en une seule journée et a grimpé à 14.700", dont la majorité sont des femmes, jeunes et enfants, a indiqué le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères Selçuk Ünal lors d'un point de presse à Ankara, au jour anniversaire de la révolte en Syrie, pays voisin de la Turquie.

Parmi eux se trouve un général de l'armée syrienne qui a rejoint les rangs des déserteurs en Turquie regroupés sous le drapeau de l'Armée syrienne libre (ASL) qui disposent d'une base à Hatay (sud) où se trouvent les camps de réfugiés, a précise le diplomate.

"Avec ce général qui est arrivé hier (mercredi), nous accueillons à présent sept généraux", a-t-il dit.

Un groupe de 700 réfugiés étaient déjà arrivés en Turquie mercredi, marquant une importante augmentation du nombre de Syriens se réfugiant en territoire turc depuis le début du mouvement de contestation du régime de Bachar al-Assad en Syrie, le 15 mars 2011.

Cette vague de réfugiés s'explique selon les turcs par l'offensive menée par l'armée syrienne contre le bastion rebelle d'Idleb (nord-ouest de la Syrie) qui pousse les civils à fuir vers la Turquie.

Les Turcs craignent une répétition de la crise de 1991 lorsque 500.000 kurdes irakiens, fuyant les exactions du président de l'époque Saddam Husseïn lors de la guerre du Golfe, s'étaient massés à la frontière commune.

"Nous nous attendons à ce que d'autres (Syriens) arrivent en Turquie par la province frontalière (turque) de Hatay. Il existe divers scénarios qui prévoient un chiffre pouvant aller jusqu'à 500.000" personnes, a déclaré le président du Croissant rouge turc, Ahmet Lütfi Akar, cité par l'agence de presse Anatolie.

Il a cependant reconnu qu'une telle situation relevait de l'"extrême".

Le vice premier ministre turc Besir Atalay a par ailleurs accusé jeudi la Syrie de poser des mines à sa frontière avec la Turquie pour barrer le passage aux réfugiés.

"L'administration syrienne pose des mines à la frontière (turque) pour que les réfugiés ne puissent pas passer, elle prend des mesures", a-t-il dit sur la chaîne d'information NTV.

Le responsable turc a affirmé que l'armée syrienne "intervient militairement" du côté syrien contre les gens voulant traverser la frontière. "Il y a eu beaucoup de personnes qui ont perdu la vie", a-t-il ajouté.

La construction d'un nouveau camp d'une capacité de 20.000 places a été entamée dans la province de Sanliurfa (sud-est).

Un autre camp de réfugiés, composé cette fois de conteneurs, est également en cours de construction depuis l'hiver à Kilis (sud-est), sur la route menant à la grande ville syrienne de Halep (nord-ouest).

D'autre part, un "Convoi de la Liberté" composé de quelques centaines d'activistes, pour la plupart des Syriens exilés ou de la diaspora, est parti jeudi matin de la ville turque de Gaziantep (sud-est) vers la frontière syrienne, a constaté l'AFP.

Le but est en principe d'apporter de l'aide humanitaire à la population syrienne mais il sera sans aucun doute, comme ce fut le cas lors d'une première tentative également partie de Gaziantep le 12 janvier, empêché par la Turquie, d'approcher de la frontière.

Le gouvernement turc qui a rompu avec l'ancien allié syrien du fait de la répression a prévu d'organiser le 2 avril, à Istanbul, la deuxième édition du groupe des pays amis de la Syrie, après une première réunion en février à Tunis.

AFP


22/02/2012 - Le vote sur la Syrie à l’ONU considéré comme une étape vers l’intervention militaire

Le soutien de l’Assemblée générale des Nation unies de l’appel de la Ligue arabe au président syrien Bachar al-Assad de quitter le pouvoir pour des raisons « humanitaires » rapproche un peu plus d’une intervention militaire. Le vote adopté par 137 voix contre12, avec 17 abstentions, est non contraignant mais donne le feu vert de l’ONU à la proposition de la Ligue arabe en faveur d’un changement de régime qui avait été bloqué au Conseil de Sécurité par la Russie et la Chine.

Face à l’opposition de Moscou et de Beijing, et compte tenu de la position stratégique de la Syrie au Moyen-Orient en tant qu’allié de l’Iran, Washington, Paris et Londres doivent avancer avec précaution. Toutefois, l’intervention dispose maintenant du « visage arabe » tant souhaité par le gouvernement Obama, d’une légitimité conférée par l’ONU et de l’autorité implicite de la doctrine de la « responsabilité de protéger » en vertu de laquelle la guerre avait été menée contre la Libye.

Plutôt qu’une intervention directe, de nombreuses figures politiques, des journaux et des organismes politiques préconisent d’armer l’Armée syrienne libre oppositionnelle en guise d’étape préparatoire et en proclamant des « zones tampon » et « des couloirs humanitaires. » Ceci requerrait un bombardement de l’OTAN piloté par un ou plusieurs mandataires locaux dirigés par la Turquie et les Etats du Golfe.

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a dit mercredi que la France avait déjà entamé des négociations avec la Russie au sujet d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie dans le but de créer des couloirs humanitaires. L’idée qui avait déjà été avancée de « couloirs humanitaires permettant aux ONG d’atteindre les zones qui font l’objet de massacres absolument scandaleux devraient être reprise au Conseil de sécurité, » a-t-il dit sur France Info.

Au Sénat américain, une résolution bipartisane fut déposée vendredi appelant le gouvernement Obama à fournir à l’opposition syrienne « un substantiel soutien matériel et technique ».

Ecrivant le 7 février dans le Guardian, Ian Black et Julian Borger ont souligné que le Conseil de sécurité nationale d’Obama a dit être en train de préparer un « décret présidentiel » consistant en « un décret-loi autorisant comme politique optionnelle des actions secrètes. »

La Turquie qui partage une longue frontière avec la Syrie et à partir de laquelle opèrent les directions de l’opposition politique et militaire, le Conseil national syrien (CNS) et l’Armée syrienne libre (ASL), aurait à jouer un rôle majeur dans une éventuelle attaque militaire. Sinan Ülgen, un ancien diplomate turc travaillant pour le Carnegie Endowment for International Peace, a dit qu’Ankara s’était déjà positionné pour conduire une force régionale soutenant une opération de l’OTAN. La Turquie avait « brûlé ses ponts » en misant « fortement sur un changement de régime, » a-t-il affirmé.

Le Qatar, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et la Jordanie apporteraient tous leur soutien, y compris une formation militaire et des armes, comme ils l’avaient fait dans le cas de la Libye.

Le Financial Times s’est rallié à cette option et a commencé des efforts à la fois ouverts et cachés pour renforcer le CNS et l’ASL. Le 13 février, un éditorial insistait pour dire que « chaque effort doit être fait pour développer l’unité et la cohérence programmatique de ce qui est à ce jour un camp rebelle pour l’instant querelleur. » L’article poursuivait en disant que le fait d’armer l’ASL « nécessiterait rapidement d’autres mesures telles des zones protégées pour les réfugiés qui devront alors être défendus, y compris au moyen d’un bombardement aérien. »

Le Financial Times a aussi ouvert ses pages à Radwan Ziadeh, qui a publié le 15 février une rubrique intitulée « Le Kosovo montre comment l’Occident peut intervenir en Syrie. »

« Les Etats-Unis ont été en mesure d’aider à créer un Kosovo indépendant en dehors du Conseil de sécurité de l’ONU, sans perdre un seul soldat américain, » a-t-il écrit. « Une stratégie d’intervention équilibrée inclurait ce qui suit. D’abord, comme au Kosovo, la communauté internationale – qu’il s’agisse d’une mission conjointe ONU-Ligue arabe ou d’une coalition des ‘Amis de la Syrie’ – doit désigner des zones sûres qu’il convient de protéger par des frappes aériennes. »

« Une défense basée sur l’aviation venant d’une telle coalition pourrait aussi servir à protéger les couloirs humanitaires, » a-t-il ajouté.

Ziadeh fait partie d’un nombre de représentants du CNS à être cités par les médias pour dépeindre l’intervention militaire comme une exigence populaire en Syrie. Tout indique cependant une opposition majoritaire à une intervention même parmi de nombreuses forces opposées à Assad alors que le soutien encore substantiel pour le régime baathiste est du à la crainte d’une intervention occidentale dans le but de mettre en place un régime sunnite qui persécuterait les minorités religieuses.

Ziadeh est un agrégé supérieur à l’Institut pour la paix des Etats-Unis. Il est le co-fondateur du Centre syrien d’Etudes politiques et stratégiques à Washington dont il a assuré la direction. Parmi ses autres fonctions figurent des interventions à Chatham House et à l’Institut royal des Affaires internationales.

Le « modèle Kosovo » impliquait la construction de l’Armée de libération du Kosovo (Kosovo Liberation Army, KLA) en un mandataire militaire américain utilisé pour déstabiliser la situation au moyen d’une campagne terroriste en fournissant ensuite un véhicule pour une intervention ouverte. Le CNS et l’ASL servent conjointement la même fonction, tout comme l’avait fait le Conseil national de Transition en Libye.

Ceci requiert de grands efforts pour adapter l’ASL au but recherché. Jeffrey White, un spécialiste à l’Institut pour la politique au Proche-Orient à Washington, a dit au magazine Foreign Policy, que le nombre des forces de l’ASL se situait entre 4.000 et 7.000, nettement moins que les 40.000 qu’elle revendique. Son commandement en Turquie n’a qu’un contrôle opérationnel restreint et il existe une lutte perpétuelle quant à qui le dirige – le colonel Riad al Assad qui est soutenu par la Turquie ou le transfuge de haut rang du régime, le général Moustapha al-Cheikh.

Lors d’une conférence de presse vendredi à Paris, le président Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique, David Cameron, ont insisté pour exiger l’unité de l’opposition syrienne. Sarkozy a dit qu’ils ne pouvaient pas faire la révolution en Syrie sans que l’opposition syrienne fasse maintenant l’effort de s’unir. Il a poursuivi en disant qu’en Libye il aurait été impossible d’avoir la révolution sans les Libyens et qu’il ne sera pas possible d’avoir une révolution syrienne sans que l’opposition syrienne fasse un effort de s’unir afin qu’ils puissent l’aider plus.

Une réunion a à présent été organisée du Groupe des amis de la Syrie, dirigée par Juppé et le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, dans le but de lutter contre les divisions qui existent au sein de l’ASL en la plaçant fermement, grâce au CNS, sous la direction de l’Occident.

Malgré ses divisions internes, l’ASL et les agents de diverses puissances régionales opérant sous sa tutelle sont depuis des mois en train de monter une opération de déstabilisation de type KLA. Le journaliste Nir Rosen, qui a récemment passé un certain temps avec des combattants de l’opposition, a accordé une interview révélatrice à Al Jazeera qui est propriété du Qatar et qui soutient farouchement le soulèvement anti-Assad. Lors de l’interview, il a clairement fait savoir que l’opposition avait pris les armes « très tôt. » Il a remarqué que « dès l’été il y avait régulièrement des embuscades contre des agents de sécurité » alors que le mouvement « se transformait en une insurrection classique. »

L’opposition reçoit des fonds de la « diaspora syrienne qui est liée à des mouvements islamistes tels les Frères musulmans ou à des religieux conservateurs dans le Golfe [qui] envoient également de l’argent à certains groupes, » a-t-il dit.

Dans un commentaire allant à l’encontre d’une grande partie de la propagande utilisée pour justifier l’intervention, il a ajouté, « Tous les jours l’opposition publie un bilan des victimes, généralement sans préciser les raisons des décès. Nombre de ceux qui auraient été tués sont en fait des combattants de l’opposition mais la cause de leur décès est cachée et ils sont décrits dans les rapports comme étant d’innocents civils tués par les forces de sécurité, comme s’ils n’étaient que de simples manifestants ou de gens se trouvant à leur domicile. »

Article original, WSWS, paru le 18 février 2012


17/02/2012 - La Chine s'oppose à une intervention armée en Syrie (officiel)

La Chine désapprouve toute intervention armée ou tentative d'imposer un soi-disant "changement de régime" en Syrie, a déclaré jeudi Zhai Jun,vice-ministre chinois des Affaires étrangères. Il s'est ainsi exprimé lors d'une conférence de presse au sujet de la situation syrienne.

"Nous condamnons tous les actes de violence à l'encontre des civils innocents et nous exhortons le gouvernement syrien et tous les partis politiques à mettre un terme immédiatement et complètement aux actes de violence et à restaurer rapidement la stabilité et l'ordre social", a appelé M. Zhai, lors d'une interview accordée aux médias.

Le gouvernement chinois poursuit une politique étrangère d'indépendance et de paix, et s'engage à maintenir la paix et la stabilité régionale et internationale, a-t-il souligné, ajoutant que la Chine suit de près l'évolution de la situation et est profondément inquiète de l'escalade de la crise qui a causé des victimes civiles et affecté la paix et la stabilité dans la région.

M. Zhai effectuera une visite en Syrie du 17 au 18 février en tant qu'envoyé spécial du gouvernement chinois pour échanger des points de vue avec le gouvernement syrien et les parties concernées sur la situation actuelle du pays et préconiser une solution pacifique et appropriée à la crise, a annoncé jeudi Liu Weimin, porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

"Nous exhortons le gouvernement syrien à écouter les volontés de réforme et de développement légitimes du peuple et appelons les différentes factions politiques à exprimer leurs aspirations politiques par des moyens non violents et conformément à la loi", a poursuivi M. Zhai.

Nous appelons toutes les parties concernées en Syrie à lancer au plus vite des dialogues politiques inclusifs sans conditions préalables et à discuter conjointement d'un plan de réforme politique global, a-t-il fait remarquer.

La Chine appelle aussi à la tenue d'un référendum sur le projet de nouvelle Constitution et d'élections législatives, ainsi qu'à l'établissement au plus tôt d'un gouvernement d'unité nationale.

La Chine comprend les préoccupations des pays arabes et de la Ligue arabe (AL) concernant une résolution rapide de la question syrienne et apprécie le rôle important ainsi que les efforts des pays arabes et de l'AL pour trouver une solution politique, a fait savoir M. Zhai.

"Nous espérons que la question syrienne soit résolue dans le cadre de l'AL par le biais de moyens politiques et pacifiques", a déclaré M. Zhai.

Xinhua


09/02/2012 - La Turquie se prépare à envoyer des troupes en Syrie

La chaîne de télévision publique iranienne Press TV a rapporté en référence aux sources dans les hautes sphères du pouvoir, que conformément au plan préparé par les États-Unis et d'autres pays occidentaux, l'armée turque envisage d'envahir la Syrie.

Les troupes turques, selon la chaîne, vont équiper l'opposition syrienne, et Israël va frapper les bases militaires syriennes et détrônera le gouvernement de Bachar al-Assad. Après, les forces américaines arriveront avec les militants-wahhabites de la Libye.

Voix de la Russie


07/02/2012 - Syrie : la Turquie va proposer une initiative

La Turquie prépare une nouvelle initiative avec les pays opposés au gouvernement syrien, a déclaré mardi le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, en qualifiant de "fiasco" le veto russo-chinois à une résolution du Conseil de sécurité sur la Syrie.

"Nous allons lancer une nouvelle initiative avec les pays qui se dressent aux côtés du peuple, non du gouvernement syrien. Nous préparons cela", a-t-il déclaré lors d'une réunion du parti au pouvoir, l'AKP. "Ce qui s'est produit aux Nations unies en relation avec la Syrie est un fiasco pour le monde civilisé", a ajouté le chef du gouvernement turc

Europe 1


10/01/2012 - La Turquie met en garde contre une « guerre civile et de religions » en Syrie

Encore une nouvelle mise en garde d’Ankara à Damas. « La situation qui se développe là-bas (en Syrie) conduit à une guerre civile, une guerre raciale, de religions et de communautés. Cela doit cesser », a lancé hier le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan lors d’une conférence de presse télévisée. « La Turquie doit jouer un rôle. Une guerre civile qui surviendrait nous mettrait en difficulté... et ferait peser sur nous une menace », a-t-il ajouté, martelant que « la Syrie a un gouvernement qui assassine ses propres citoyens. 

Personne ne peut approuver (...) les régimes autoritaires ». M. Erdogan a en outre indiqué que son pays avait commencé à appliquer les sanctions contre Damas et que ces dernières seraient renforcées selon l’évolution de la situation.

Auparavant, un porte parole du ministère turc des Affaires étrangères avait indiqué que le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a appelé l’opposition syrienne à continuer sa résistance contre le régime de Damas par des « voies pacifiques », lors d’une rencontre avec une délégation du Conseil national syrien (CNS) comprenant son président, Bourhan Ghalioun.

Le CNS dénonce « un pas en arrière »

D’autre part, la mission arabe continue de décevoir l’opposition syrienne. « Il est clair que la mission des observateurs (arabes) cherche à couvrir les crimes du régime syrien en lui donnant davantage de temps et d’occasions pour tuer notre peuple et briser sa volonté », a ainsi affirmé le porte-parole des Frères musulmans syriens, Zouhair Salem. Ce dernier déplore le fait que la Ligue arabe n’ait pas « mentionné la responsabilité du régime dans la mort de milliers de Syriens, dont des centaines d’enfants ». Le rapport de la mission des observateurs, chargés de veiller à l’application du protocole arabe prévoyant la fin des violences, « met sur un pied d’égalité le bourreau et la victime et fait un parallèle entre la machine à tuer officielle avec les chars et les roquettes et les opérations individuelles d’autodéfense », a-t-il accusé. Le CNS a affirmé de son côté que « le rapport sur le travail des observateurs représent(ait) un pas en arrière dans les efforts de la Ligue et ne reflét(ait) pas la réalité constatée par les observateurs sur le terrain », appelant au transfert du dossier au Conseil de sécurité de l’ONU et à « la création de zones de sécurité et d’exclusion aérienne » afin de protéger les civils. Pour la Commission générale de la révolution syrienne, un groupe chapeautant les militants sur le terrain, le rapport des observateurs est « en deçà des attentes du peuple syrien », et la Ligue arabe « doit annoncer l’échec de son initiative, faute de moyens nécessaires pour arrêter les tueries ». « La présence des observateurs et la manière dont ils s’y prennent sont un service rendu au régime », a renchéri le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. À titre d’exemple, selon lui, hier à Homs deux personnes ont été blessées par des tirs d’un barrage militaire « en présence d’observateurs arabes. Cela constitue une violation claire du protocole et rien n’est fait ».

Malgré ces vives critiques, la France continue de soutenir la mission arabe. « Il est désormais clair que cette mission doit être significativement renforcée à la fois dans ses effectifs et dans sa capacité à évaluer pleinement et partout la réalité de l’application des quatre points du plan de la Ligue arabe, sans que le régime ne puisse l’entraver ou maquiller la situation », a affirmé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal.

Le pape Benoît XVI a, de son côté, demandé hier l’ouverture d’« un dialogue fructueux entre les acteurs politiques » de Syrie, « favorisé par la présence d’observateurs indépendants ». Benoît XVI a renouvelé aussi son appel de Noël pour une « rapide fin des effusions de sang » en Syrie.

Discours d’Assad aujourd’hui

Malgré ces vives critiques et pressions, rien n’y fait, la répression se poursuit sur le terrain. Al-Arabiya a ainsi rapporté hier qu’au moins 18 civils ont perdu la vie sous les tirs des forces de sécurité. Près de Damas, les funérailles d’un adolescent de 16 ans et d’un soldat tués par les tirs des forces de sécurité se sont par ailleurs transformées en une manifestation antirégime à Douma à laquelle ont participé près de 20 000 personnes, selon l’OSDH. Al-Jazira a montré de son côté une énorme manifestation dans le quartier de Baba Amro, à Homs, alors que des élèves de Damas ont été dispersés à balles réelles par les forces de sécurité tandis qu’ils effectuaient un sit-in contre le régime.

Face à ces violences, « le président Bachar el-Assad doit prononcer aujourd’hui avant-midi un discours au cours duquel il évoquera les questions internes en Syrie et les développements de la situation dans la région », a rapporté hier soir l’agence de presse officielle SANA. Le régime, par la voix du quotidien Techrine, s’en est par ailleurs pris au chef de la diplomatie du Qatar Hamad ben Jassem al-Thani, qui préside le comité ministériel arabe sur la Syrie, l’accusant d’« inciter à la violence » et de « déployer tous les efforts possibles » pour entraver la mission des observateurs.

Signalons enfin que le ministre syrien de la Défense, le général Daoud Rajha, a visité un groupe de navires de guerre russes arrivés la veille dans la base navale de Tartous, la seule dont la Russie dispose en mer Méditerranée, a rapporté hier SANA. Dans une allocution, le ministre a rendu hommage à la « position respectable et solide de la Russie au côté de la Syrie, qui fait l’objet d’un complot », a ajouté l’agence.

Orient le jour



06/12/2011 - Des "Scud" syriens, déployés, à la frontière avec la Turquie

La Syrie a déployé des missiles "Scud", tout au long de sa frontière avec la Turquie et l’Irak, et les a dirigés vers la Turquie, a rapporté l’agence de presse iranienne anglophone, Press TV, citant une source syrienne ayant gardé l’anonymat.

Ces missiles balistiques sol-sol, de fabrication soviétique, ont été déployés, dans les régions de Kamechli, et de Deir EzZor, c’est-à-dire, a la frontière avec la Turquie et l’Irak. Elles ont pour mission de contrer une éventuelle attaque venant de la Turquie, dont les dirigeants n’ont cessé de multiplier leurs condamnations du régime syrien, ces derniers temps, de concert avec la Ligue arabe.

Mercredi 30 novembre , Ankara a décidé d'imposer des sanctions économiques et financières et de geler les transactions commerciales avec le gouvernement syrien. Une mesure similaire entre les banques centrales turque et syrienne est également envisagée. S’exprimant devant un parterre de journalistes, son chef de la diplomatie, Ahmet Davutoğlu, a estimé que le régime syrien "est dans l'impasse". Depuis l’éclatement de la crise syrienne, Ankara a adopté une position hostile au régime syrien et s’est érigé comme le fer de lance du projet occidentalo-arabe contre ce pays, adoptant une version des faits qui refuse de reconnaître la présence de groupes armés terroristes.

Irib


30/11/2011 - Ankara prêt à intervenir en Syrie, mise en garde de la Russie

La Turquie n'a pas écarté mardi l'option d'une intervention militaire en Syrie en cas de poursuite de la répression des manifestations hostiles au président Bachar al Assad qui a fait plus de 3.500 morts depuis la mi-mars et entraîné une série de sanctions économiques contre Damas.

Mais, signe des divisions persistantes entre les puissances étrangères dans le dossier syrien, la Russie s'est dite opposée à un embargo sur les livraisons d'armes à Damas et a estimé qu'il fallait cesser de poser des ultimatums aux autorités syriennes.

Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies a déclaré lundi que l'armée et les forces de sécurité syriennes avaient commis des "crimes contre l'humanité" - meurtres, tortures et viols - et réclamé l'instauration d'un embargo sur les livraisons d'armes au régime de Damas.

Malgré l'adoption de nouvelles sanctions économiques et le nombre croissant de déclarations condamnant la répression des manifestations, le président Bachar al Assad s'accroche au pouvoir et continue d'imputer les violences à des "groupes terroristes armés" soutenus par l'étranger.

L'Occident a jusqu'à présent toujours écarté l'hypothèse d'une intervention militaire similaire à celle menée en Libye pour protéger la population civile des forces de Mouammar Kadhafi.

Face à l'impasse des discussions avec Damas, le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a déclaré mardi que l'option militaire restait sur la table.

"Si l'oppression se poursuit, la Turquie est prête à tout scénario. Nous espérons qu'une intervention militaire ne sera jamais nécessaire. Le régime syrien doit trouver un moyen de faire la paix avec son propre peuple", a dit le ministre dans une interview à la chaîne de télévision turque Kanal 24.

Il a estimé qu'un régime qui torture son propre peuple n'avait aucune chance de se maintenir au pouvoir.

ZONE TAMPON

La communauté internationale pourrait être amenée à décider de l'instauration d'une "zone tampon" au cas où des centaines de milliers de Syriens chercheraient à fuir les violences dans leur pays, a-t-il ajouté.

Les autorités turques devaient annoncer de nouvelles sanctions contre la Syrie à l'issue d'une réunion entre le chef de la diplomatie, le président Abdullah Gül, et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

Si les opérations militaires aériennes contre les forces kadhafistes en Libye se sont révélées cruciales pour permettre aux rebelles de chasser l'ancien "Guide" de la révolution, l'Occident montre plus de réticences à intervenir militairement en Syrie en raison de la position géographique de Damas, voisin d'Israël et du Liban, et de ses liens avec l'Iran.

A Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a rejeté mardi l'idée d'un embargo sur les livraisons d'armes à la Syrie.

"Nous savons comment les choses se sont passées en Libye, où l'embargo sur les armes n'a été appliqué qu'à l'armée libyenne. L'opposition a reçu des armes, et des pays comme la France et le Qatar en ont parlé publiquement, toute honte bue", a-t-il dit lors d'une conférence de presse en compagnie de son homologue islandais, à Moscou.

"Plus les événements en Syrie dureront, plus la situation nous préoccupera. Pour l'essentiel, des groupes armés provoquent les autorités. Attendre des autorités qu'elles ferment les yeux là-dessus n'est pas juste", a ajouté le chef de la diplomatie russe.

SANCTIONS TURQUES

En octobre, de concert avec la Chine, la Russie avait opposé son veto à une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu condamnant les violences perpétrées par le régime du président Bachar al Assad.

La Syrie a représenté 7% du total des livraisons d'armes russes à l'étranger en 2010, selon le club de réflexion russe CAST, consacré aux questions militaires.

Moscou a exhorté le président Assad à mettre en place des réformes mais n'a pas appelé à sa démission et a accusé les pays occidentaux de chercher à mener une intervention armée.

Le ministre turc des Transports, Binali Yildirim, a fait savoir mardi que son pays poursuivrait ses échanges commerciaux avec le Proche-Orient et le Moyen-Orient via l'Irak au cas où les violences viendraient à perdurer en Syrie.

La Turquie devrait, dans la foulée de la Ligue arabe, imposer à son tour des sanctions à la Syrie, avec laquelle elle a 800 km de frontières. Yildirim a précisé que ces sanctions seraient prises de sorte qu'elles ne nuisent pas à la population syrienne elle-même.

Une semaine après avoir suspendu la Syrie, la Ligue arabe a décidé dimanche, à une large majorité de ses 22 membres, d'imposer des sanctions économiques, financières et politiques à l'encontre de Damas. Le Liban et l'Irak, deux pays limitrophes de la Syrie, ont voté contre. Le Liban a annoncé qu'il refusait d'appliquer ces sanctions. De même, Bagdad a laissé entendre qu'il ne les imposerait pas non plus.

Par Daren Butler et Nastassia Astrasheuskaya, Eric Faye et Marine Pennetier pour le service français -

Nouvelobs


22/11/2011 - La Syrie déploie son armée le long de la frontière turque

La Syrie a entamé, ce vendredi, un déploiement massif de ses forces armées, tout au long de la frontière avec la Turquie, au moment où des navires de guerre russes se dirigent vers ses eaux territoriales.

Selon une source syrienne non officielle, s’exprimant pour notre site, Damas compte créer une zone militaire fermée de 20 Km de profondeur. L’opération baptisée «Briser les illusions», comprend une interdiction d’accès à cette zone-tampon, sauf en cas d’autorisation de l’armée. Cette démarche intervient, au moment où des navires de guerre russes se dirigent vers les eaux régionales syriennes.

Irib


22/11/2011 - Des navires de guerre russes pour protéger la Syrie ?

Moscou aurait décidé d'envoyer ses navires de guerre dans les eaux territoriales syriennes, selon le quotidien israélien "Haaretz".

Alors que la pression s'accentue sur la Syrie, la Russie semble bel et bien décidée à soutenir coûte que coûte son allié. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine l'a réaffirmé ce vendredi 18 novembre, lors d'une conférence de presse à Moscou avec le Premier ministre français François Fillon : "Nous appelons à la retenue et à la précaution, c'est notre position" sur la Syrie.

Et pour bien se faire comprendre, la Russie, qui dispose d'une base navale à Tartous, dans l'ouest de la Syrie, aurait décidé d'envoyer ses navires de guerre dans les eaux territoriales syriennes afin d'empêcher toute intervention militaire étrangère contre son allié. L'information, qui provient d'une agence de presse syrienne, a été jugée suffisamment fiable pour que le quotidien israélien "Haaretz" la relaie sur son site.

L'étau se resserre

Il n'est, pour le moment, pas question d'une opération militaire contre la Syrie, bien que dans l'opposition syrienne des voix commencent à réclamer une telle intervention à la Turquie.

Mais l'étau se resserre autour du président syrien Bachar al-Assad. Ce vendredi après-midi, une réunion de concertation internationale sur la Syrie se tenait, selon nos sources, au Quai d'Orsay. La semaine dernière, la Ligue arabe avait suspendu la participation de Damas de son organisation. Samedi, son ultimatum sommant Bachar al-Assad de cesser la répression arrive à expiration. De leur côté, Paris, Berlin et Londres veulent présenter au Comité des droits de l'Homme de l'Assemblée générale de l'ONU une résolution condamnant les agissements du régime. Un vote devrait intervenir mardi.

Sarah Halifa-Legrand – Le Nouvel Observateur


16/11/2011 - Menacer L’Iran et préparer l'invasion de la Syrie

Régulièrement, des menaces d’attaques contre la centrale nucléaire Iranienne surgissent des officines militaires israéliennes, puis sont confirmées ou encore infirmées par l’OTAN, puis aussitôt contredits (premier type), ou corroborées (deuxième type) par des sources officielles non identifiées émanant du Pentagone, de l’Élysée, quand ce n’est pas du Bureau Ovale.

La présente vague de rumeurs est du deuxième type – celle où tout est corroboré par tout ce que l’Alliance Atlantique compte d’espions infiltrés, même que les cartes de l’attaque sont rendues publiques, la date précise de l’opération – ultra  secrète – est divulguée (la légende ne dit pas si un référendum aura lieu pour entériner ce choix) et les journaux à sensation spéculent sur le nom du général fou qui aura mandat de diriger cette opération bidon. On nous informe des moindres détails du complot, de la nature des bombes spéciales qui seront utilisées, des ripostes envisagées et de la façon de les contrer. Un scénario à la Nintendo vous dis-je. Finalement, de savoir tout cela, avec schémas et avions de combat furtifs à l’appui c’est un peu comme si on jouait à la guerre sur son X-Box préféré (1).

Les spécialistes et les experts de la chose militaire relaient toutes ces informations accompagnées de moult spéculations et autres supputations sur les retombées éventuelles d’une telle catastrophe nucléaire. D’où tirent-ils tous ces renseignements ultra secrets ? Je ne saurais vous le dire, mais tous ces personnages semblent très bien renseignés (2). Auraient-ils infiltré le Mossad et les agences d’espionnage occidentales, je ne saurais le certifier, mais il faut dire que le ministre de la défense israélien (Ehud Barak) est particulièrement loquace ces temps-ci. Finalement, il suffit d’ « espionner » les quotidiens israéliens à grand tirage pour débusquer en première page tous les plans secrets du Pentagone… Comme chantait Serge Reggiani « Il y a quelque chose qui cloche là-dedans – j’y retourne immédiatement… ».

Le premier secrétaire du Hezbollah, Sayed Hasan Nasrallah, a dit un jour à propos d’Israël : « Quand les sionistes plastronnent et fanfaronnent, nous savons qu’ils ne vont pas attaquer; quand ils sont silencieux pendant une certaine durée alors nous savons qu’il nous faut nous méfier. ». Selon lui, nous serions donc au milieu d’une équipée du deuxième type.

La question devient donc la suivante : pourquoi cette montée en puissance des rumeurs d’attaque contre le réacteur nucléaire iranien ? Pourquoi ces tambours de guerre factices contre l’Iran – repris par les médias de gauche – naïfs ou complices ?

Habituellement, en stratégie militaire, quand les alliés annoncent une attaque sur le Pas de Calais, c’est qu’ils préparent un débarquement en Normandie (Juin 1944). Par transposition, si les agresseurs de l’OTAN (comprenant Israël, membre officieux et base avancée au Proche-Orient) annoncent une attaque imminente contre l’Iran, c’est que la Syrie est fortement menacée. Voilà le véritable secret éventé (3).

Plus tard, après l’agression meurtrière contre la Syrie, chacun sera invité à pousser un soupir de soulagement, la première guerre nucléaire de l’histoire aura été évitée, et la petite Syrie sacrifiée sur l’autel de la cupidité impérialiste. Toute l’opération en cours ne vise finalement qu’à intimider l’Iran de façon qu’elle ne bouge nullement quand aura lieu l’attaque contre son allié au Levant.
Pourtant, il n’y a aucun risque d’une guerre nucléaire, tout au plus un danger de retombées radioactives importantes sur toute la région si les bombes américaines de type Blu-117, à percée  profonde, parvenaient à atteindre le cœur du réacteur iranien. Les capacités de riposte iranienne contre la centrale nucléaire israélienne de Dimona seraient nulles ou presque nulles sans le soutien satellitaire américain ou russe. Tout au plus, l’Iran parviendrait-elle, pour l’honneur, à lancer ses missiles balistiques de portée moyenne (2000 km) contre Israël mais ils risqueraient tous d’être détruits en vol au-dessus de l’Irak. Cessons donc ces spéculations loufoques, l’arme thermonucléaire que possède l’Iran est à la mer et n’entraînera aucune retombée nucléaire ; les retombées seront plutôt du type secousses sismiques économiques et financières de force 10 sur l’échelle de Richter – qui en compte 9 (4).

Dès l’apparence d’une attaque contre son réacteur nucléaire, l’Iran, n’ayant plus rien à perdre et sachant trop bien qu’elle ne peut se mesurer à l’Alliance Atlantique (OTAN) sur le terrain de la guerre des étoiles où la supériorité américaine est incommensurable, se tournera vers le Détroit d’Ormuz – lieu de passage obligé de plus de 50 % de tout le pétrole consommé sur la planète. Vous imaginez l’Occident, privé de ses approvisionnements en pétrole pour plusieurs mois, vous imaginez les pays du Golfe privés  de pétro dollars (même si cette devise court à sa perte) pendant plusieurs mois ? Je ne vous dis pas le cataclysme financier, boursier, économique qui ébranlera la planète impérialiste.

Tant que les experts spéculateurs militaires qui sévissent un peu partout sur les ondes médiatiques n’auront pas éventé les secrets de la riposte américaine soit pour empêcher ce cataclysme pétrolier dans le Détroit d’Ormuz, ou à l’inverse, soit pour  s’assurer que cette secousse sismique pétrolière aura bien lieu dans le Détroit d’Ormuz, demandez à ces papagaios (perroquets) pourquoi ils colportent ces rumeurs à la traîne du plus grand menteur et du plus grand faussaire de l’humanité, j’ai identifié le ministre de la « défense » d’Israël monsieur Ehud Barak, à peine égalé par son premier ministre Benjamin Netanyahu, selon le Président Sarkozy (5) ?

Regardez et observez attentivement du côté de la Syrie et vous verrez l’ombre de l’aigle appréciant sa proie avant de fondre sur elle pour la déchiqueter. Le peuple syrien vit aujourd’hui le plus grand danger et il est effectivement la prochaine victime sur la liste d’invasion occidentale en Orient – la guerre inter impérialiste entre l’Alliance Atlantique (OTAN) et l’Alliance de Shanghai se poursuit et l’intérêt des peuples du monde n’est pas de participer à cette machination de désinformation à propos d’une pseudo attaque éminente contre le réacteur nucléaire iranien, mais plutôt de dénoncer vigoureusement toute manigance guerrière occidentale contre le peuple syrien… la réelle victime appréhendée.

Le droit et le pouvoir de choisir le chef d’État syrien est une prérogative du peuple syrien souverain et de personne d’autre, surtout pas des monarchistes Qataris, ni des royalistes Saoudiens, ni des sous-fifres Jordaniens ou encore  d’Obama ou de  Sarkozy. Pour ce qui est de l’Iran, ayez confiance dans le peuple iranien, il saura riposter avec fermeté à toute agression militaire occidentale contre l’intégrité de son territoire national, mais le temps n’est pas encore venu pour ce cataclysme thermo pétrolier (6).

Puissances de l’OTAN, hors de Syrie, ne touchez pas au peuple syrien.

Robert Bibeau - 7 du Québec


30/10/2011 - Syrie: Assad menace les Occidentaux en cas d'intervention en Syrie


Le président syrien Bachar al Assad a prévenu que les Occidentaux devaient s'attendre à affronter un "séisme" qui ébranlerait le Proche-Orient s'ils tentaient d'intervenir en Syrie.

Dans un entretien accordé au journal britannique Sunday Telegraph, Assad qui doit faire face à une insurrection depuis sept mois affirme que son pays est "complètement différent de l'Egypte, de la Tunisie ou du Yémen".


"L'histoire est différente et la politique est différente", ajoute Assad qui mène contre ses opposants une répression sanglante condamnée par les Nations unies, la Ligue arabe et les gouvernements occidentaux.

Le chef de l'Etat syrien note que les pays occidentaux "vont faire monter la pression" mais il rappelle que la Syrie est un "élément central désormais dans la région".
"Il existe une ligne de faille et si vous jouez avec la Terre vous risquez de provoquer un séisme", affirme-t-il.

"Voulez-vous connaître un nouvel Afghanistan ou même des dizaines d'Afghanistan ? La Syrie n'hésitera pas à embraser toute la région. Si l'idée est de diviser la Syrie, cela reviendra à diviser toute la région", menace-t-il.

RÉUNION AVEC LA LIGUE ARABE DIMANCHE

Cette déclaration intervient à la veille d'une rencontre entre les ministres de la Ligue arabe et des dirigeants syriens à Doha, capitale du Qatar, pour tenter d'instaurer un dialogue entre le gouvernement de Damas et les opposants.
Selon les estimations de l'Onu, environ 3.000 personnes dont 200 enfants ont péri depuis le début du soulèvement populaire au mois de mars.  
Les autorités syriennes affirment que ces troubles sont l'oeuvre de bandes armées qui ont tué 1.100 soldats et policiers.

Selon des opposants, les forces syriennes de sécurité ont tué au moins 50 civils au cours des dernières 48 heures tandis que les déserteurs ont tué au moins 30 soldats dans des affrontements survenus dans la ville d'Homs et dans la province d'Idlib dans le nord du pays, samedi.

Assad reconnaît que son gouvernement a commis de nombreuses erreurs au début de l'insurrection mais que désormais la situation est en voie d'amélioration.

"Six jours après le début des manifestations, j'ai entamé des réformes. Lorsque nous avons commencé à annoncer des réformes, les problèmes ont commencé à décroître. La vague a commencé à refluer. Les gens ont commencé à soutenir le gouvernement", a-t-il affirmé.

Pour Bachar al Assad, dont le père Hafez avait réprimé dans le sang un soulèvement des Frères musulmans à Hama en 1982 tuant plusieurs milliers de personnes, la révolte actuelle fait partie du même conflit.

"Nous combattons les Frères musulmans depuis les années 50 et nous continuons d'être en lutte", affirmé Assad. "Le rythme des réformes n'est pas trop lent. Envisager l'avenir exige de la réflexion."
"Cela ne prend pas plus de 15 secondes pour signer une loi, mais si celle-ci ne convient pas à notre société, vous avez seulement ajouter de la division", estime-t-il encore.

David Milliken; Pierre Sérisier pour le service français Reuteurs


25/10/2011 - Turquie - Syrie : Le déclencheur de la 3ème guerre mondiale?

Syrie : le rappel de l’ambassadeur américain de Damas sonne le début de la fin d’Assad. Une intervention militaire sera menée avec ou sans la Turquie. Dans ce dernier cas, Ankara perdra sa carte européenne

Alors que l’administration américaine affirme que le rappel de son ambassadeur en Syrie, Robert Ford, est provisoire, le quotidien libanais "Al Joumhouria" cite des sources proches du dossier, à Washington, selon lesquelles "le retrait de Ford sonne le début de la fin de Bachar Al-Assad".

Mais en évoquant de la sorte une intervention militaire, comme le suggère John McCain, Washington semble davantage engagé dans une guerre psychologique que dans un scénario sérieux.

« Al Joumhouria » cite en effet une source de l’ambassade américaine à Damas selon laquelle « Robert Ford a quitté la Syrie pour une période indéterminée », signifiant de facto que l’ambassadeur a bel et bien était rappelé par Washington, contrairement aux déclarations officielles de l’administration américaine. Ces propos, venus de l’ambassade à Damas, convergent avec les déclarations du porte-parole adjoint du Département d’Etat, Mark Toner, qui a reconnu que « les Etats-Unis sont incapables de fixer la date du retour de Ford en Syrie. Car cela dépend des mesures de sécurité et de la situation sur le terrain, marquée par une campagne virulente menée par le régime syrien contre l’ambassadeur ».

Cependant, « Al Joumhouria » affirme que des sources proches de l’administration et du Congrès américains ont reconnu que « le rappel de l’ambassadeur de Washington à Damas sonne le début de la fin du régime de Bachar Al-Assad. Cet événement aura d’importantes répercussions politiques sur la situation. Ford est parti avec un “aller simple” ».

Les mêmes sources, relayées par « Al Joumhouria » s’attendent à « de nouvelles défections de grande ampleur au sein de l’armée syrienne. Ces dissidents pourraient alors former des zones fortifiées et libérées pour protéger les civils. Les responsables américains pourraient s’y rendre pour soutenir les révolutionnaires. Le débat est vif en ce moment pour savoir si la Turquie prend en charge la couverture militaire de ces zones, ou si cette mission sera confiée à l’OTAN », ajoute le journal.

Pour le moment, précise « Al Joumhouria », « Washington multiplie les pressions pour que les autorités turques se chargent du dossier syrien et protègent les civils et les dissidents. Mais Ankara est très réticent, craignant qu’une intervention militaire ne profite aux Kurdes de Syrie », que leur émancipation, à l’image des Kurdes d’Irak, ne donne des idées indépendantistes aux Kurdes de Turquie. Mais, poursuit le quotidien libanais, « dans un bref délai (un mois ou deux), la situation nécessitera une intervention militaire que l’Occident sera prêt à mener avec ou sans Ankara. Dans ce cas, les Turcs perdront une carte importante dans leur jeu, notamment en ce qui concerne leur candidature à intégrer l’Union européenne ».

Toutefois, ces scénarios ne semblent pas très sérieux, à ce stade, puisqu’ils ne tiennent pas compte de l’opposition de la Russie et de la Chine à toute ingérence occidentale en Syrie. De ce fait, les scénarios semblent davantage relever de la guerre psychologique et des menaces verbales pour pousser Assad à modifier sa stratégie, à cesser la répression et à réformer sans tarder. Pourtant, si Assad compte se maintenir au pouvoir, il ne peut aucunement réformer. Car toute réforme signifie la fin du régime qui continue à s’imposer par la force. De même, pour se maintenir, Assad doit éliminer au moins la moitié de la population qui lui est hostile.

Synthèse réalisée par Stefano B.C. - Mediarabe


10/10/2011 - Damas dément les prétendues menaces du président Assad contre Israël

Damas a formellement démenti jeudi les publications selon lesquelles le président Bachar el-Assad aurait promis, dans un entretien avec le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu, de tirer des "centaines de missiles" sur le territoire israélien si l'Occident attaquait son pays.

"Ce qui a été publié sur une prétendue rencontre récente entre le président Assad et le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, est un mensonge pur et simple", lit-on dans un communiqué du ministère syrien des Affaires étrangères.

Selon le document, la dernière rencontre entre MM.Assad et Davutoglu remonte au mois d'août, et aucun communiqué n'a été publié à son issue.

""Falsification et intox" pratiquées par certains médias témoignent de l'ampleur et de l'acharnement de la campagne de propagande menée contre la Syrie", indique la diplomatie syrienne.

Selon certains médias qui n'ont toutefois pas précisé la date exacte de la rencontre évoquée, le président syrien aurait déclaré au ministre turc qu'il ne lui faudrait que six heures pour transférer des centaines de missiles et d'obus sur les hauteurs du Golan et les tirer sur Tel-Aviv. M.Assad aurait également affirmé qu'en cas de frappe contre la Syrie, l'Iran attaquerait les bâtiments de guerre américains dans le golfe Persique et demanderait au mouvement chiite libanais Hezbollah de lancer des tirs de roquettes contre Israël.

La Syrie est secouée depuis près de sept mois par un mouvement de contestation du régime de Bachar al-Assad. Les troubles ont débuté à Deraa (sud) avant de s'étendre à d'autres villes. Selon l'Onu, la répression de la révolte populaire par les forces de sécurité aurait fait près de 3.000 morts.

L'opposition réclame la démission du président Assad et des transformations politiques. Les Etats-Unis et l'Union européenne appellent le président syrien à partir et durcissent leurs sanctions unilatérales contre son régime.

Ria


07/10/2011 - La Syrie frappera Israël en cas d'attaque de l'Otan

Le président syrien Bachar el-Assad promet de tirer des "centaines de missiles" sur le territoire israélien si l'Otan attaque son pays, rapporte mercredi l'agence d'information iranienne Fars.

"Il ne me faudra que six heures pour transférer des centaines de missiles et d'obus sur les hauteurs du Golan et les tirer sur Tel-Aviv", a déclaré le leader syrien au cours d'une rencontre avec le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu.
L'agence Fars ne précise pas la date exacte de la rencontre. Toutefois, certains médias affirment que cette déclaration a été faite le 9 août à Damas. Toujours selon Fars, en cas de frappe contre la Syrie, l'Iran attaquera les bâtiments de guerre américains dans le golfe Persique et demandera au mouvement chiite libanais Hezbollah de lancer des tirs de roquettes contre Israël.

"L'Iran attaquera les navires américains dans le golfe Persique, et les intérêts américains et européens dans la région seront menacés", a déclaré M.Assad cité par l'agence iranienne.

La Syrie est secouée par un mouvement de contestation du régime en place. Les troubles ont débuté à Deraa (sud) avant de s'étendre à d'autres villes. Selon les données de l'Onu, la répression de la révolte populaire par les forces de sécurité aurait fait plus de 2.700 morts.

Ria



28/08/2011 - L'Iran met en garde contre un "changement au gouvernement en Syrie"

Le ministre iranien des Affaires étrangères Ali-Akbar Salehi a mis en garde contre les "terribles conséquences d'un changement au gouvernement en Syrie", a rapporté dimanche la chaîne de télévision satellitaire Press TV. 

La Syrie est entourée de voisins hautement sensibles et tout changement dans le pays n'exercera aucune bonne influence à personne mais pourrait engendrer une grave crise dans la région et même au-delà, a indiqué M. Salehi. 

Il a ainsi exhorté les gouvernements de la région, la Syrie en particulier, à répondre aux revendications légitimes de leur peuple, les mettant en garde à la fois contre l'ingérence de pays étrangers dans leurs affaires intérieures, a rapporté la chaîne de télévision Press TV. 

"Nous pensons que l'évolution de la situation dans des pays régionaux est due à l'insatisfaction et le mécontentement des populations", a-t-il fait savoir. 

Le ministre iranien avait déclaré samedi que l'appel de Washington à la démission du président syrien Bachar al-Assad était "insolent" et à l'encontre des conventions internationales. 

Au début du mois, le président américain Barack Obama avait appelé le président syrien Bachar al-Assad à démissionner. 

"La Syrie est un pays indépendant. Les conventions internationales ne permettent pas à des pays de prendre une position d'intervention sur un autre pays", a indiqué M. Salehi, cité par Press TV.
"Les Etats-Unis se considèrent encore comme police du monde", a poursuivi M. Salehi. 

La Syrie est plongée dans l'agitation depuis la mi-mars lorsque des manifestations antigouvernementales ont éclaté dans la province méridionale de Daraa et se sont propagées à d'autres villes. 

Les autorités syriennes ont attribué le soulèvement à "des groupes armés et une conspiration étrangère", et ont martelé qu'ils traqueraient les bandits armés qui ont intimidé des personnes et endommagé des propriétés publiques et privées.

Cri.cn


14/08/2011 - L'Otan projette une offensive contre la Syrie (Rogozine)

L'Otan élabore une opération militaire contre la Syrie, théâtre d'un mouvement de contestation sans précédent depuis la mi-mars, a assuré dans une interview au journal Izvestia le représentant permanent de la Russie auprès de l'Alliance, Dmitri Rogozine.


"Ils la préparent d'ores et déjà. Cette campagne serait l'achèvement logique des opérations militaires et informationnelles menées pars certains pays occidentaux en Afrique du Nord", a indiqué l'ambassadeur.
Selon lui, une opération militaire de l'Otan est surtout possible "dans les pays dont les dirigeants ne partagent pas les mêmes opinions que l'Occident".


Redoutant une répétition du scénario libyen, la Russie s'opposera à tout recours à la force.


Depuis le 15 mars, la Syrie est le théâtre de manifestations populaires réclamant des réformes et la chute du régime actuel. Selon l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme, la répression de la révolte en Syrie par les forces de sécurité a fait plus de 1.500 morts. Quelque 3.000 personnes sont portées disparues.

Novosti


28/05/2011 - Un parti nazi aux élections égyptiennes?

Les prochaines élections égyptiennes sont annoncées pour septembre 2011. Or, le quotidien Al Masry Al Youm (L'Egypte aujourd'hui) révèle qu'un groupe d’Egyptien sort de l'ombre et tente de créer un parti nazi avec «un cadre contemporain de référence»

Ce parti donnerait tous les pouvoirs à un président qui sera bientôt selectionné.

Il aurait pour but de «mieux représenter l’opinion publique», explique Emad Abdel Sattar, un des membres fondateurs [article en arabe]. Selon lui, ce parti existait déjà secrètement sous le régime de Moubarak mais peut maintenant s'exprimer au grand jour. Le parti aurait déjà le soutien de personnalités politiques connues en Egypte, ajoute-t-il [article en arabe].

Selon Al Masry Al Youm, deux pages Facebook ont été créées sous les titres  «le parti nazi égyptien» et «le retour des hommes du parti nazi égyptien» (mais nous n’avons pas trouvé ces pages sur Facebook).  Emad Abdel Sattar, explique aussi que les membres sont en étonnante augmentation. Les gens viendraient sur les groupes Facebook pour avoir des détails sur l’adhésion à ce parti.

Slate


08/04/2011 - La guerre contre la Libye et l'irruption de l'impérialisme européen

L'empressement des puissances européennes à se joindre presque toutes à la guerre impérialiste contre la Libye est un événement qui fera date dans la vie politique du continent.

Le 20 janvier 2003, le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin avait dit à propos de l'Irak : « Nous croyons que l'intervention militaire serait la pire des solutions. » Paris avait voté contre la guerre au Conseil de sécurité des Nations Unies
Comme en Allemagne qui s'était aussi opposée à la guerre, on avait assisté, en France, au spectacle affligeant de soi-disant meneurs du mouvement contre la guerre, parmi les groupes de "gauche" et les socio-démocrates de gauche, saluant l'Europe comme un contrepoids au militarisme américain, et allant même jusqu'à scander des « Vive la France ! »

Dans la course à la guerre contre la Libye, la France a été l'un des premiers pays à demander une intervention militaire ; le gouvernement de Sarkozy s'est aligné sur la Grande-Bretagne et Washington, abandonnant son alliée de longue date, l'Allemagne, dont il a dénoncé publiquement la réticence à soutenir la guerre. Avec le soutien des USA, la France a fait accepter la Résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l'ONU autorisant l'attaque de la Libye. Le 10 mars 2011 la France a été le premier pays au monde à reconnaître le Conseil national de transition comme le gouvernement de la Libye. Elle a conduit la première frappe aérienne le 19 mars.

L'inimitié particulière de la France vis-à-vis de Kadhafi remonte à la guerre civile du Tchad et s'est intensifiée avec l'explosion d'une bombe dans les soutes du vol 772 de la compagnie française UTA en 1989 - moins d'une année après la destruction du vol 103 de la Pan Am au-dessus de Lockerbie. Cela a pu jouer un rôle dans la décision de la France d'attaquer la Libye.

Mais la raison qui permet de vraiment expliquer cette décision est plus profonde et plus large : il s'agit d'éliminer un régime que la France considère comme un obstacle à ses ambitions impérialistes historiques en Afrique. À Paris comme à Washington, le mouvement de masse contre les dictatures soutenues par l'Occident en Égypte et en Tunisie a été vécu comme une grave menace à l'influence impérialiste en Afrique du Nord. La guerre contre la Libye offre l'occasion d'installer un régime fantoche et de transformer la Libye en une base d'opérations contre la menace de révolutions socialistes dans toute la région.

La Libye est aussi l'occasion de créer un précédent à des interventions militaires ultérieures comme l'a affirmé le président Nicolas Sarkozy le 24 mars en disant que la « responsabilité de protéger » donnerait peut-être lieu à d'autres interventions en Afrique et au Moyen Orient - à commencer par la Côte d'Ivoire. Hier, des forces françaises et des forces de l'ONU ont ouvert le feu à partir d'hélicoptères sur des camps militaires du président sortant de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo. Paris a maintenant envoyé près de 500 hommes de troupe supplémentaires pour renforcer sa présence militaire composée de 1500 hommes dans son ancienne colonie afin d'assurer la victoire de son pantin désigné, Alassane Ouattara.

Des considérations similaires animent d'autres puissances européennes qui soutiennent la guerre en Libye.

Washington, grâce à l'influence militaire et politique qu'il a sur l'opposition libyenne, a l'intention de relever le défi que la Chine et l'Europe lancent à sa domination. Avant la guerre l'influence des USA en Libye était minime. L'Italie était le partenaire commercial principal de Tripoli suivi de l'Allemagne et de la Chine.

Après la guerre, le Conseil national de transition sera appelé à mettre en place un nouvel équilibre. Mais la plupart des puissances européennes ont cependant accepté de faire campagne sous commandement américain dans l'espoir de ne pas être exclu du partage du butin et parce que, comme la France, elles ont un intérêt vital à ce que soit créé un précédent permettant de futures interventions coloniales de ce type.

L'exception de l'Allemagne ne s'explique pas seulement par le désir de maintenir sa position de 2003. Depuis cette date, Berlin cherche clairement à se créer de nouvelles alliances pour renforcer sa position contre les États-Unis.

L'Allemagne s'est abstenue sur la Résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l'ONU avec le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine - qu'on appelle les BRIC - et contre ses alliés de l'OTAN. Depuis des années, en fait, l'Allemagne, cherche à se rapprocher de la Russie dont elle dépend pour son approvisionnement en gaz. La balance commerciale de l'Allemagne avec la Chine est excédentaire de 100 milliards de dollars par an.

Berlin pense peut-être qu'avoir de l'influence économique en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, serait le meilleur moyen d'avancer les intérêts de son pays sur le plan international, mais, comme ses homologues européens, elle ne peut que constater le fossé qu'il y a entre de telles ambitions et son manque de moyens militaires dans la mesure où elle se refuse à s'aligner sur les États-Unis. Comme dans les années 1930, les tensions géopolitiques croissantes conduisent inévitablement au réarmement de l'Europe.

Quelle est la raison de cette nouvelle campagne de domination impérialiste ?

Le crash financier de 2008, qui a effacé des centaines de milliards d'actifs financiers, s'est révélé être un tournant décisif du capitalisme mondial en intensifiant à nouveau les antagonismes entre les principales puissances.

Le crash a été le point d'orgue d'un long processus au cours duquel les États-Unis qui étaient la première puissance économique mondiale et la garantie de la stabilité du capitalisme se sont transformés en la nation la plus endettée et la source principale d'instabilité économique et politique de l'arène internationale. Ils n'ont aucun moyen d'empêcher leur déclin ni de relever les défis des puissances émergentes comme la Chine notamment, ni de leurs rivaux traditionnels en Europe et au Japon à part étendre l'offensive initiée en Irak pour maintenir leur hégémonie militaire sur la planète. La Chine et l'Europe doivent faire de même et le feront. Cette lutte exacerbée pour les marchés, les profits et les ressources fait craindre le déclenchement éventuel d'une troisième guerre mondiale.

La crise conduit aussi nécessairement à une escalade constante de la lutte des classes.

Sauver les banques en vidant les caisses du gouvernement a coûté aux États-Unis et aux puissances européennes des milliers de milliards. Mais c'est seulement le début d'une crise économique qui n'a pas eu d'égale depuis celle de 1930. Les banques sont peut-être tirées d'affaire, mais maintenant vient le contrecoup macroéconomique - le commencement de la récession et l'augmentation de la dette de l'Etat à 50 pour cent, 80 pour cent, 100 pour cent et plus du PIB.

Le seul moyen qu'a la bourgeoisie de récupérer ces profits perdus c'est de diminuer drastiquement le niveau de vie de la classe ouvrière - une politique de guerre des classes à l'intérieur pour accompagner l'impérialisme à l'extérieur. Les gouvernements de toute l'Europe sont déterminés à imposer un réalignement fondamental des classes sociales au service des principales multinationales et des super-riches grâce à des mesures d'austérité sans précédent dans l'histoire qui impliquent des coupes qui se montent à des milliards d'euros, la réduction drastique des salaires et l'augmentation brutale de l'exploitation.

Le lien entre la nouvelle explosion de l'impérialisme militaire et le recours à la guerre des classes se reflète dans l'usage quotidien dans les médias de la terminologie militaire pour parler des mesures d'austérité qui sont imposées.

Dans l'édition du 24 mars de l'Economist, il est noté que ce blitzkrieg (guerre éclair) économique va déjà très loin. Selon ce journal :

« Les autorités ont appliqué la méthode "choc et terreur" sous la forme d'incitations monétaires et fiscales. Ils ont empêché l'effondrement complet du secteur financier - le salaire des banquiers n'a certainement pas diminué. Les multinationales se portent aussi très bien.... Mais les bénéfices de la reprise semblent avoir été distribués presque entièrement aux détenteurs de capital et non aux travailleurs. Aux USA, le montant total des salaires a augmenté de 168 milliards de dollars depuis le début de la reprise, mais cela a été largement dépassé par une augmentation des profits de 528 milliards de dollars. Selon Dhaval Jishi de BCA Research, c'est la première fois que les profits ont dépassé les salaires en valeur absolue dans les 50 dernières années.

« En Allemagne, les profits ont augmenté de 113 milliards d'euros (159 milliards de dollars) depuis le début de la reprise et les salaires des employés n'ont augmenté que de 36 milliards. En Angleterre, la situation des travailleurs est encore pire, car les profits ont atteint 14 milliards de livres (22,7 milliards de dollars) mais la totalité des salaires réels a baissé de 2 milliards de livres... la part du travail a décliné dans l'OCDE depuis 1980. Le fossé a été particulièrement marqué aux États-Unis : la productivité a grimpé de 83 pour cent entre 1973 et 2007, mais le salaire réel moyen des hommes n'a augmenté que de 5 pour cent. »

Et ce n'est que le début de ce que l'élite dirigeante a en tête.

Les attaques portées contre les travailleurs vont s'intensifier, pendant que des régimes mis à mal par la crise comme celui de Sarkozy en France et la coalition dirigée par les conservateurs en Angleterre agitent leurs bannières en Libye pour détourner l'attention de ce qu'ils font à l'intérieur de leur pays.

La classe ouvrière doit élaborer ses propres réponses à ce bouleversement politique. De la même manière que la politique intérieure et étrangère de la bourgeoisie est dictée par les intérêts mondiaux des multinationales et de l'élite super-riche, les travailleurs doivent aussi élaborer une stratégie spécifique internationale et unifiée.

L'opposition à la guerre ne peut pas se réduire à des appels pacifiques aux gouvernements ou aux Nations Unies, une organisation qui a donné son feu vert à la guerre contre la Libye. On ne peut pas non plus compter sur la bureaucratie syndicale ou travailliste pour se prononcer contre la guerre. Tout comme pour défendre les emplois et les services publics, le combat contre la guerre nécessite que les travailleurs eux-mêmes se mobilisent et entrent dans la lutte.

La seule réponse valable à l'impérialisme est la mobilisation politique indépendante de la classe laborieuse dans la lutte pour remplacer la loi du capital par un système fondé sur l'égalité et une authentique démocratie. Cela signifie que les travailleurs doivent se préparer à prendre le pouvoir, en associant l'opposition à la guerre à la lutte pour des emplois décents, des services sociaux, la sécurité sociale et l'éducation pour tous qui seront financés par la redistribution des richesses de l'élite dirigeante aux travailleurs - l'expropriation des oligopoles entrepreneuriales et financières et leur conversion en des entreprises que le public contrôlera démocratiquement.

Le principe fondamental de tous les travailleurs et de la jeunesse progressistes doit être l'unité internationale de la classe ouvrière pour la lutte contre l'ennemi commun : l'impérialisme. La réalisation de cette unité passera par la mise en place de sections du Comité international de la Quatrième Internationale en tant que direction révolutionnaire de la classe ouvrière internationale.

WSWS


25/03/2011 - La guerre en Lybie provoque une accélération dans la course aux armements nucléaires?

Se sentant menacée par le fait que les USA utilisent dans cette guerre des armements stratégiques, la Russie lance un programme de réarmement nucléaire. 

Contre la Libye, ce que le président Napolitano définit non pas comme une guerre mais comme une opération de l’ONU, est déjà en train de provoquer un dangereux « effet collatéral ». 

Le premier ministre russe Vladimir Poutine, étant entendu que le régime libyen n’est pas démocratique et que la situation est rendue plus compliquée encore par les relations tribales, a,  il y a deux jours, défini la résolution du Conseil de sécurité comme une sorte d’appel médiéval à une croisade pour justifier une agression de l’extérieur, sous prétexte de défendre les civils. 

Il a ainsi déclaré que - après les attaques aériennes étasuniennes contre Belgrade, puis contre l’Afghanistan et l’Irak et à présent contre la Libye- ceci est en train de devenir « une tendance stable de la politique étasunienne ». Et a conclu : « Cela confirme que la Russie fait bien de renforcer ses capacités de défense ». Paroles immédiatement suivies des faits. Hier (mercredi 23 mars 2011) le ministre russe de la Défense a annoncé que cette année il dotera les forces stratégiques d’autres missiles intercontinentaux, 36 balistiques et 20 de croisière, et de deux autres sous-marins nucléaires. Avec une allocation d’un montant de 665 milliards de dollars pour 2011-2020 seront achetés : 5 véhicules spatiaux, 21 systèmes de défense missilistiques, 35 bombardiers, 109 hélicoptères de combat, 3 sous-marins nucléaires et une unité de surface. En 2013 les scientifiques russes développeront un nouveau missile balistique intercontinental avec base à terre et la production de missiles sera redoublée avec un investissement équivalent à 2,6 milliards de dollars.
  
Seront en particulier développés les missiles balistiques pour les sous-marins d’attaque nucléaire. Cette année vont être effectués d’autres tests du missile Bulava, qui sera installé sur les nouveaux sous-marins stratégiques de la classe Borey. Un seul sous-marin peut lancer 16 missiles nucléaires, avec une portée de 8-10 mille Kms,  chacun desquels pouvant lâcher jusqu’à 10 ogives multiples indépendantes. Il a donc une capacité de destruction quasiment égale à celle du sous-marin étasunien  de la classe Ohio, armé de 24 missiles Trident à têtes multiples. Le Bulava, comme le missile balistique avec base à tere dont il dérive, est projeté pour percer le « bouclier anti-missiles » que les USA sont en train de développer dans des buts offensifs (il leur donnerait la capacité de neutraliser une rétorsion après avoir frappé les premiers) : avec leurs navires de guerre contre la Libye, les Etats-Unis ont déployé en Méditerranée les premières unités de la composante navale du « bouclier », les lance-missiles Monterrey et Stout. Le Bulava peut lancer de fausses têtes pour éviter les missiles intercepteurs.
 
La guerre contre la Libye est donc en train de provoquer une accélération dans la course aux armements nucléaires. Surtout parce qu’elle est utilisée par le Pentagone comme banc d’essai pour des armements stratégiques, comme les bombardiers stealth (furtifs... NdT) B-2 Spirit d’attaque nucléaire qui, partant des Etats-Unis, vont frapper les objectifs en Libye avec des armes non-nucléaires, en s’entraînant ainsi, dans une action guerrière réelle, à un éventuel emploi dans une guerre nucléaire. De cette façon, le nouveau traité Start entre la Russie et les USA, à peine ratifié, est de fait devenu vain.

Edition de jeudi 24 mars de il manifesto Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio - Mondialisation.ca


19/03/2011 - Aujourd’hui, samedi, le sommet international sur la Lybie contre le régime du colonel Kadhafi doit se réunir à Paris au Palais de l’Elysée à partir de 13 h 30. Il vise à associer les Pays arabes et africains aux Pays occidentaux pour une intervention militaire qui pourrait avoir lieu dans la journée.

Si sur le principe on ne peut évidemment que louer l’initiative de la France à vouloir intervenir sur le territoire libyen pour faire arrêter les massacres des populations, le risque est très important et la décision du sommet de Paris si elle se confirme en vue d’effectuer des frappes militaires en Lybie, pourrait entrainer toutefois dans les jours prochains un énorme conflit international s’ouvrant éventuellement sur une troisième guerre mondiale.

Pourquoi une telle prévision ?

Il faut considérer aujourd’hui que le monde arabe est en feu : la Syrie, le Bahreïn, le Yemen, après la Tunisie et l’Egypte. D’ici quelques jours, ce sera inévitablement l’Algérie, L’Arabie Saoudite, la Jordanie, Les Emirats Arabes Unis, le Soudan, et peut-être même le Maroc où les tensions restent cependant relativement faibles pour l’instant.

Parallèlement, et d’ici quelques jours, voire au plus tard quelques semaines, des pays africains pourraient suivre les mouvements engendrés par les révoltes et les révolutions arabes. C’est ainsi que la Cote d’Ivoire est toujours en pleine crise, malgré une semblant d’accalmie qui ne paraît apporter un espoir de solution à ce pays. Le dialogue proposé par Laurent Gbagbo à son rival Alassane Ouattara n’est qu’un simulacre qui ne fait qu’envenimer une situation déjà très explosive.

La Lybie n’est qu’un prétexte à des tractations politiques internationales encore secrètes à l’heure actuelle en vue de créer un monde où certains chefs d’état pourront préparer un avenir qui ne s’ouvrira pas obligatoirement vers l’intérêt des peuples, malgré des apparences trompeuses. Tôt ou tard, les politiques engagées aujourd’hui aboutiront sur le chemin d’une catastrophe.

Certes, il faut sauver le peuple libyen.

Mais d’ici quelques jours, il faudra venir en aide aussi à toutes les populations opprimées et massacrées qui subissent le même sort que les opposants au régime de Kadhafi.

Et c’est à ce moment-là que la Terre s’enflammera entraînant la planète dans une troisième guerre mondiale. D’autant plus que les fractures politiques et religieuses se révèlent un peu partout dans de nombreux pays, comme c’est le cas en France par exemple, où les tensions sociales enflent sans cesse au fil des jours.

Cependant, j’espère bien me tromper dans mes observations. Mais je crains fort pouvoir confirmer malheureusement dans les temps prochains, le message que je ressens à cet instant même.

Pierre-Alain Reynaud - Le post


03/03/2011 - Vers une révolte en Arabie Saoudite?

Bahreïn, Oman, Yemen, et bientôt l’Arabie Saoudite, vacillent. Le vent de la révolte ne connaît pas les frontières. La dynastie des Seoud n’a depuis longtemps affronté les tempêtes du désert que sous le parapluie américain ou à l’abri de ses palais.

Les révoltes périphériques au royaume saoudien ne sont que les hors-d’œuvre d’un possible bouleversement majeur de la péninsule arabique. Il est très probable que l’on attaque le plat de résistance prochainement.

Un régime dans une impasse

Le régime saoudien est paradoxalement conscient depuis plus longtemps que ses collègues méditerranéens de son décalage vis-à-vis de sa société civile. Malgré cela, l’Arabie Saoudite reste un des pays arabes les plus fermés et rétrogrades. Depuis quelques années, le régime a bien essayé d’abaisser l’âge de succession au trône en dessous de quatre-vingt ans. Mais la stricte application de la Sharia régit encore l’ensemble de la vie privée et publique de la société saoudienne. Par exemple, le premier film saoudien n’a vu le jour qu’en 2006 grâce au Groupe Rotana du très libéral prince Al Waleed et la réouverture des salles de cinéma ne s’est faite qu’en décembre 2008. La rigidité de la société saoudienne a mis sa jeunesse dans un état de frustration ultime. Les problèmes de violences sexuelles au sein de la jeunesse saoudienne remettent en question le système juridique, et par extension religieux, du royaume. Partagé entre sa volonté d’assouplissement des lois religieuses et son devoir de gardien exemplaire des lieux saints de l’islam, le royaume saoudien est dans une impasse. Le pouvoir de la dynastie des Seoud repose sur une alliance avec le fondateur du Wahhabisme (salafisme), qui eut lieu à la fin du XVIIIème siècle. Depuis, les Oulémas ont toujours soutenu le pouvoir, y compris en édictant des fatwas de circonstance, comme en 1927, où ils prônaient l’interdiction de se rebeller contre le pouvoir en place d’Abd al-Aziz ibn Saoud. Ce dernier est le père de l’Arabie Saoudite « moderne » qui vit le jour en 1945. L’Arabie que nous connaissons s’est construite après des guerres tribales qui ont fait, estime-t-on, environ 500.000 morts. L’antagonisme entre pouvoir civil et religieux est complexifié par celui entre sunnites et chiites qui dure depuis les débuts de l’islam.

La ceinture chiite

Si l’on observe attentivement les troubles dans la péninsule, on remarque qu’ils ne sont que le fait des populations chiites. Les admirateurs de l’Imam Ali (chiite) sont plus de 60% à Bahreïn et 45% au Yemen. A Oman, c’est dans la zone chiite de Suhar que les premières manifestations ont eu lieu. Ces tentatives de révoltes ne soulèveraient pas de craintes si de l’autre côté du Golfe persique le voisin iranien n’était pas aussi puissant. Voisin qui est allié à la Syrie (alaouite, branche du chiisme) et qui étend son influence jusqu’au Liban grâce au Hezboallah (parti de Dieu). La crainte du royaume saoudien est de voir ses propres populations chiites initier une révolte qui gagnerait toute la jeunesse saoudienne. Les 10% de chiites vivent principalement dans les zones pétrolières. Il ne faut pas oublier que la majorité des pays arabes sont récents et résultent d’addition de territoires tribaux. L’Arabie Saoudite ne fait pas exception. Et, bien sûr, une émancipation chiite en terre saoudienne serait un prétexte rêvé pour Ahmadinejad d’étendre l’influence chiite ou du moins d’ajouter une carte décisive dans son jeu de négociation.

Abdallah prudent

Pour l’instant, le roi Abdallah a sorti son chéquier et promis 26 milliards d’euros qui bénéficieraient directement à la population à défaut de libéraliser le pays. A cela s’ajoutent 300 milliards d’ici 2014, investis en infrastructures de tous ordres. Néanmoins, il faut mettre un bémol à ces informations. Les pays du Golfe sont toujours friands d’annonces grandioses, mais qui se concrétisent rarement.

Les fils d’Abd al-Aziz ibn Saoud qui se succèdent encore sur le trône saoudien sont face à un défi majeur d’ordre politique, religieux et social. La conséquence directe sur le prix du pétrole oblige les saoudiens à écouter les deux acteurs majeurs de l’échiquier diplomatique : les USA et la Chine. A entendre la secrétaire d’Etat Hillary Clinton lundi à Genève, la diplomatie américaine a les coudées franches pour être à la manœuvre militairement et politiquement dans les pays où il le faudra. Une telle déclaration ne peut se faire vis-à-vis des pays arabes sans l’aval de Riyad.

Les semaines qui viennent seront décisives pour l’Arabie Saoudite mais aussi pour les PIB des pays de l’OCDE. Les prévisions des économistes ne sont pas enthousiastes si un nouveau choc pétrolier voyait le jour. La configuration économique actuelle ne supporterait pas une flambée du pétrole.

Le roi Abdallah va découvrir une « Desert storm » dont les troupes ne sont plus les GI’s mais l’alliance improbable des chiites et des facebook’s boys. Les mots remplacent les grains de sable dans la fragile machine saoudienne. Le roi, en bédouin prudent, va laisser passer la tempête. Mais c’est déjà une réponse d’un autre âge que l’Arabie Saoudite n’a jamais vraiment quitté.

Electronlibre


Première nation exportatrice de pétrole au monde, considérée comme l'un des pays les plus rétrogrades du monde, la pétromonarchie saoudienne contient tant bien que mal les prémices de la révolte qui gronde, à coups de milliards de pétro-dollars distribués pour apaiser les tensions sociales alors que le marché de l'or noir est de plus en plus tendu.

En visite en Arabie Saoudite le 12 février dernier, alors que Moubarak s’apprêtait à quitter son trône d'Egypte, François Fillon évoquait « l’accélération de l’histoire » avec ses interlocuteurs saoudiens assez réticents au processus démocratique en cours.

Outre que d’héberger dans de somptueuses villas nombre de dictateurs déchus -ainsi de Ben Ali qui aurait quitté récemment son somptueux Palais pour une destination inconnue- tel un club med des despotes, la pétromonarchie tente encore de jouer son rôle de pôle de « stabilité » régional. Le 1er mars, l’Arabie Saoudite envoyait 30 chars à Bahreïn, théâtre de manifestations antigouvernementales depuis plusieurs jours, selon le journal égyptien Al-Masry Al-Youm. Des milliers de Bahreïnis ont défilé dimanche à Manama réclamant la chute du régime de la dynastie sunnite des Al-Khalifa, au lendemain de l'annonce d'un remaniement ministériel que l'opposition a jugé insuffisante. De son côté, le président Barack Obama a manifesté dimanche l'appui des Etats-Unis au « dialogue national » proposé par le roi de Bahreïn à l'opposition, en précisant que celui-ci devrait être « sans exclusion, non partisan et répondre aux aspirations » du peuple.

Au Yémen aussi, l’un des pays les plus pauvres de la région où la moitié de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, les sit-in et les manifestations se sont poursuivies malgré les morts et les promesses, en particulier celles du président Saleh d’abandonner ses projets de présidence à vie ou de succession dynastique avec son fils. Après des morts à Aden la semaine dernière, mardi soir, la capitale Sanaa a enregistré ses premiers morts lors d’une attaque de contre-manifestants. Le pouvoir a visiblement recruté des hommes de main dans le milieu tribal où le port d’armes est autant une tradition qu’un moyen de subsistance. Ici aussi, depuis l’arrivée au pouvoir en 1978 du président Saleh, le Yémen (du Nord avant la réunification) a toujours pu compter sur le soutien musclé de l’Arabie Saoudite. Il bénéficie aussi de l’appui militaire américain dans le cadre de la lutte affichée par le régime Saleh contre les terroristes issus d’al-Qaïda qu’il a toutefois fort bien su ménager aussi pour garantir son pouvoir. Au Bahreïn où la Ve Flotte américaine a son quartier général, les relations avec les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne fixent sans doute des limites à la répression.

Reste que si l’Arabie Saoudite soutient militairement ses voisins pour mieux contenir les mouvements de subversion, la pétromonarchie est-elle même gagnée par la contestation.

La mobilisation des intellectuels

Une centaine d'intellectuels ont signé une lettre dans laquelle ils lancent un appel à des réformes politiques et sociales dans le royaume dirigé par la famille Al-Saoud. Dans le document publié sur Internet, les signataires réclament l'instauration d'une « monarchie constitutionnelle », la « séparation des pouvoirs » et l'adoption d'une Constitution .

Les intellectuels réclament également « l'élection au suffrage universel » du Majlis al-Choura [le Conseil consultatif], dont les membres sont désignés. Ils réclament également le droit de vote et d'éligibilité pour les femmes.

Sur le plan social, l'appel demande en outre « d'accorder aux femmes le droit au travail, à l'éducation, à la propriété et à la participation à la vie publique ».

Avant l'appel des intellectuels, un site Internet intitulé « mon État » a été lancé dans lequel des demandes de réformes ont été adressées au roi Abdallah. De nombreuses personnalités connues au pays participent au site.

Une misère sociale masquée à coups de milliards de pétro dollars

Considéré comme l’un des pays les plus rétrogrades de la région, l’Arabie Saoudite n’est pas la Tunisie. Premier exportateur de pétrole au monde, le roi Abdallah a les moyens de calmer, à coup de milliards, les tempêtes sociales qui couvent : 36 milliards de dollars d'aides décidées la semaine dernière. L’arbre des abondantes réserves d’or noir cache pourtant une forêt de misère sociale. Près de 40% des 20-24 ans sont au chômage. Le nombre de personnes sous le seuil de pauvreté a augmenté dans l'un des États les plus riches du monde arabe. Le népotisme est de moins en moins toléré, la corruption sur les multiples contrats d’armement dénoncée.

Reste une inconnue, à l’heure où la Libye pourrait cesser d’exporter du pétrole pour des raisons de sécurité, comme l’a annoncé le numéro 2 de l’ambassade de Libye à l’ONU, alors qu’en l'Irak, un attentat a gravement endommagé l'une des unités de la plus grande raffinerie pétrolière du pays, ajoutés aux troubles dans la plupart des pays du Golfe fournisseurs de pétrole, l’Arabie Saoudite apparaît comme un recours et se mobilise pour dissiper les craintes d'un nouveau choc pétrolier. Le pays a annoncé vendredi dernier avoir augmenté sa production de pétrole de plus de 700 000 barils par jour, pour atteindre neuf millions de barils par jour. Autant d’arguments qui pourraient inciter Washington à se montrer beaucoup plus prudent avec l’Arabie Saoudite, privilégiant la garantie des approvisionnements en matières premières à la démocratie.

Marianne2



30/01/2011 - Les évenements du Maghreb et du Proche-Orient comme conséquence de la crise?

Le tourbillon des événements récents au Proche-Orient et en Afrique du Nord met en lumière la faiblesse actuelle des Etats-Unis dans la région, jugent des analystes à Washington.

La situation est à l'opposé des années 1990, quand les Etats-Unis avaient durablement relancé un processus de paix entre Israël et les Palestiniens, dans la foulée de la première guerre du Golfe qui avait chassé l'armée irakienne du Koweït.

Une succession de mouvements populaires s'est abattue en quelques semaines sur des régimes autocratiques en Tunisie, en Egypte, au Yémen et en Jordanie -- tous des alliés de Washington. Au même moment, le Hezbollah, un groupe soutenu par l'Iran et la Syrie, faisait chuter le gouvernement libanais pro-occidental.


Et dans le conflit israélo-palestinien, les Palestiniens ont décidé de se tourner vers l'ONU, tandis que le processus de paix parrainé par les Etats-Unis paraît s'effondrer.

Des pays comme la Turquie, le Qatar et l'Arabie Saoudite remplissent le vide créé, accroissant leur rôle dans la diplomatie régionale, note aussi pour l'AFP l'analyste Shibley Telhami, de l'université du Maryland.

"Il ne fait pas de doute que l'influence américaine a fortement diminué depuis deux décennies", dit M. Telhami, rappelant la "Pax Americana" et la domination américaine dans la région après 1991.

Les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ont profondément changé la donne. Les invasions de l'Afghanistan et de l'Irak, par des coalitions menées par les Etats-Unis, ont coûté des milliers de vies et des milliards de dollars. Elles ont aussi été accompagnées par la montée de l'influence iranienne dans la région.

Les Etats-Unis accusent désormais l'Iran de s'immiscer dans les affaires de l'Afghanistan et de l'Irak, mais aussi d'armer et de financer le mouvement chiite Hezbollah et le Hamas, le groupe palestinien qui dirige la bande de Gaza.

"L'influence de l'Iran en Irak est aussi forte que celle des Etats-Unis", estime l'experte Marina Ottaway, de la fondation Carnegie.

Selon Mme Ottaway, l'ancien président américain George W. Bush a également commis une erreur en tentant sans succès de supprimer l'influence de la Syrie au Liban. "Cela a rendu la situation encore plus instable parce que les Syriens jouaient des coudes pour regagner leur influence", dit-elle.

Aaron David Miller, un ancien négociateur de paix américain, est désormais chercheur au centre Woodrow Wilson. D'après lui, la vague récente d'événements dans le monde arabe "met en lumière la faiblesse américaine".

Ce revers de fortune pour les Etats-Unis vient de loin, mais il est, selon M. Miller, d'autant plus spectaculaire en raison des promesses de l'administration de Barack Obama, qui avait annoncé un changement d'ère après l'époque Bush.

Le président actuel "a créé des attentes, et l'idée, d'une certaine manière, que nous étions plus puissants que nous ne le sommes vraiment", dit-il.

Or, après avoir "trébuché" dans le processus de paix israélo-palestinien, "en Tunisie et en Egypte, nous avons à l'évidence du mal à définir quel est le rôle le plus efficace possible pour les Etats-Unis face à ces changements."

AFP


Un mur s'écroule sur l'autre rive de la Méditerranée. Une muraille invisible mais omniprésente qui a constitué pendant des décennies le principal ressort de régimes à la légitimité chancelante. Ce mur est celui de la peur. La peur d'un arbitraire systématique, à tous les échelons régaliens, à commencer par ceux de la police et de la justice, auxiliaires zélées prêtes à broyer entre leurs meules ceux qui osent revendiquer leurs droits.

La peur ensuite d'une violence d'Etat laissée à la discrétion d'un cercle restreint mais omnipotent et assuré de son impunité. La peur aussi, paradoxale, d'une béance trop brutale du pouvoir, de l'absence d'une alternative politique faisant des régimes en place les pires des systèmes à l'exclusion de tous les autres.

Cette muraille a cédé tout d'abord en Tunisie sous les coups de boutoir d'un peuple trop longtemps humilié et soudainement déterminé à ne plus accepter le sort qui lui était réservé. Elle a rompu vendredi 28 janvier dans les rues du Caire, d'Alexandrie et de Suez, démontrant une fois pour toutes que le peuple égyptien n'était pas condamné à la passivité qui lui était si souvent prêtée.

Quatre jours de manifestations, organisées à la va-vite par une poignée d'opposants électrisés par le précédent tunisien, ont suffi pour ouvrir une crise sans pareille à la tête du géant arabe devenu, au fil des mandats présidentiels accumulés par Hosni Moubarak, l'un des "hommes malades" du Proche-Orient.

Parce que c'est d'Egypte, avant qu'elle ne soit saisie d'engourdissement, qu'est longtemps partie la voix des Arabes, le tremblement de terre qui secoue les deux rives du Nil dépasse encore plus ses frontières que la révolution de Tunis. A tel point qu'on peut assurer sans trop craindre de se tromper que la peur a, d'ores et déjà, changé de camp.

Elle taraude désormais les Etats qui ont trop longtemps dupé et piétiné leur peuple, masquant sous des slogans dirigés vers de commodes ennemis extérieurs l'obsession de la conservation du pouvoir à tout prix. Ce sont ces régimes, à l'est comme à l'ouest du Caire, qui peuvent s'inquiéter aujourd'hui de leur pérennité et de l'impossible équation qui consiste à promettre la réforme après des décennies de verrouillage systématique, souvent justifié par l'argument selon lequel le plus petit relâchement serait l'assurance du chaos.

Deux pays arabes ont déjà prouvé l'absurdité de la stratégie de la peur. Cette dernière n'a pu empêcher deux révolutions. Les démocraties occidentales ont beau garder un souvenir cuisant du basculement iranien, qui transforma en 1979 un allié en ennemi, elles doivent reconnaître qu'il ne sert plus à rien de couvrir les turpitudes de ces régimes qui s'avèrent incapables, au final, d'empêcher l'histoire de s'écrire.

En quelques heures, vendredi 28 janvier, des Egyptiens ont répondu par la négative à la question d'une exception tunisienne. Il est désormais plausible qu'ils ne seront pas les seuls.

Le Monde